Sera-t-il interdit ou non aux moins de 18 ans ? La commission de classification des films devra se réunir de nouveau sur le cas de Martyrs. En attendant, une projection a été organisée en exclusivité pour 20 Minutes afin de tordre le cou aux rumeurs. Et le film de Pascal Laugier se révèle être un vrai film d'épouvante conçu comme tel. Une histoire de vengeance très dure et très gore, où deux jeunes femmes (Mylène Jampanoï et Marjana Alouï) sont tour à tour bourreau et victime. La violence de certaines scènes ne devrait pas effaroucher les amateurs de la saga « Hostel » (visible à partir de 16 ans), d'Elie Roth, en offrant de surcroît une réflexion très écrite sur la douleur, la mort et la torture. Le film, qui s'inscrit dans la tradition d'un cinéma de genre, est un hommage à Dario Argento, auquel il est dédié. Le réalisateur dévoile un univers personnel et dérangeant, digne de maîtres reconnus comme Michael Haneke ou George A. Romero. Si une poésie macabre se dégage parfois, l'atrocité des tortures montrées de façon graphique enlève tout aspect incitatif. C'est sans doute le choc que provoque le film, qui a effrayé ses premiers spectateurs, mais n'est-ce pas le but d'un film d'horreur ? Lui en tenir grief équivaudrait à reprocher à une comédie de faire rire ou à un mélodrame de faire pleurer. Il ne faudrait pas oublier que les « horreurs cinématographiques » d'hier, comme Massacre à la tronçonneuse, de Tobe Hooper, sont devenus des classiques honorés par les cinémathèques du monde entier.