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Jean-Pierre de Mondenard: «De la cocaïne pour avoir la niaque»

Tom Boonen en conférence de presse le 11 juin 2008 à Wielsbeke (Belgique)
Tom Boonen en conférence de presse le 11 juin 2008 à Wielsbeke (Belgique)/Dominique Faget AFP

DOPAGE – Pour le médecin du sport, auteur du Dictionnaire du dopage, la consommation de cocaïne dans le sport ne relève pas seulement d’un aspect festif…

Auteur du Dictionnaire du dopage, Jean-Pierre de Mondenard dénonce l’hypocrisie qui règne dans le monde sportif quant à la consommation de cocaïne…

Quand on parle de cocaïne dans le sport, faut-il comprendre dopage?
Oui, évidemment. La cocaïne est un stimulant du système nerveux central. Elle donne la «niaque». Quand on joue au tennis, on ne connaît plus le petit bras. Dans les années 1970, une star du baseball américain disait que lorsqu’il jouait sous coke, il avait la clé du match et se sentait imbattable. Il faut savoir qu’avant d’être consommé par les drogués, ce produit était utilisé par les athlètes. C’est l’un des plus anciens dopants. Au XVe siècle, au Mexique, on mangeait des feuilles de coca avant d’entamer de longues marches.

Aujourd’hui, c’est pour de longs entraînements?

Quand on a 25 ans, qu’on a du pognon, des femmes, et qu’on doit aller s’entraîner plusieurs heures tous les jours… A un moment donné, ce n’est pas étonnant de prendre de la coke. On sait où cela a entraîné certains coureurs, comme Pantani ou Vandenbroucke. Il ne faut pas non plus oublier que la cocaïne est l’un des produits qui composent le pot belge. C’est un stimulant qui est consommé comme l’éphédrine. Maintenant, quand un coureur est pris à la cocaïne, il ne dira jamais qu’il a cherché à se doper. Il répondra qu’il voulait faire la fête. C’est plus valorisant. On refuse l’amalgame entre cocaïne et dopage mais dans le peloton, je peux vous assurer que ça fait bien rire.»

Vous ne croyez pas au mythe du sportif fêtard?
Ils peuvent prendre de la cocaïne pour être libérés, dire des conneries. Mais toutes les dépendances des sportifs naissent d’une consommation de ces drogues de la performance. Le risque, ce sont les effets secondaires. Personnellement, je soigne beaucoup de sportifs de haut niveau qui ont soudainement des bosses sur le crâne, des tumeurs, ou qui développent une gynécomastie avec l’apparition d’une poitrine féminine. On les repère assez vite sur les podiums.

En cyclisme, la cocaïne est interdite en compétition, mais autorisée à l’entraînement. Ça paraît aberrant.

C’est évident. D’ailleurs, c’est la justice belge qui mène une enquête sur Boonen. Pas l’UCI ou l’AMA qui n’ont rien à lui reprocher pour l’instant. Il y a quelques années, Jan Ullrich a été pris à l’ecstasy de la même façon. Il a dit qu’il avait pris ça en boîte, pour sortir de sa dépression. Qui y a vraiment cru?
Propos recueillis par R.S.
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