L’Espagne peut-elle tenir jusqu’au bout?

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Publié le 11 juin 2008.

EURO2008 – Fracassants vainqueurs de la Russie (4-1), les Espagnols se sont d’entrée placés des favoris potentiels. Reste à savoir s’ils en ont la carrure…


Un précédent fâcheux
Une «Seleccion» qui cartonne d’entrée n’a rien d’extraordinaire. Il y a deux ans, lors de la Coupe du Monde allemande, les Espagnols avaient passé un joli 4-0 à l’Ukraine, avant de battre la Tunisie (3-1) et l’Arabie Saoudite (1-0). La suite? Une défaite face à la France en 8e de finale (1-2). Cet antécédent pousse les hommes d’Aragones à la retenue. «On parle souvent du manque de résultats de l’Espagne dans les grandes compétitions. Ce que je peux dire, c’est que nous avons encore progressé depuis, et que nous avons consolidé notre identité», explique le sélectionneur espagnol dans les couloirs du Tivoli Stadion d’Innsbruck.

Du talent mais pas de réserve
Aragones a fait le choix de laisser Raul en vacances. L’orgie offensive de mardi soir lui donne raison. Dans tous les types d’attaques, ses joueurs se montrés performants face à la défense russe. «Je crois que nous avons les qualités de rapidité pour jouer à la fois l’attaque et la contre-attaque», soutient David Villa, le héros du moment, qui s’est retourné un doigt en fêtant un but!

Mais le sélectionneur n’a que trois attaquants de métier sous la main (Torres, Villa, Guiza). C’est peu dans un système à deux pointes, surtout si les Espagnols espèrent aller jusqu’au bout (six matches à gagner). «L’Espagne a une grande chance d’avoir trois attaquants de cette trempe. Mais demain, c’est peut-être Torres qui sera à la fête», souligne Aragones, qui a pris ses précautions en ne faisant jouer qu’une petite heure à l’attaquant de Liverpool mardi soir.

Au milieu, la paix tient toujours
Dans ce secteur, les Ibériques n’ont a priori pas d’égal à l’Euro. Avec Senna, Xabi Alonso, Senna, Fabregas, Xavi et Iniesta, l’Espagne a de quoi voir venir. La question est maintenant de savoir si Aragones saura ménager les susceptibilités.

Cesc Fabregas, qui paraît un peu à l’écart du groupe, a joué une demi-heure à Innsbruck. Xabi Alonso, qui réussi tout ce qu’il tente à l’entraînement, un peu moins. Iniesta, qui repique constamment dans l’axe, a été excellent contre la Russie. Mais acceptera-t-il longtemps de jouer à un poste qui n’est pas le sien.

Si la paix sociale au milieu de terrain tient jusqu’au 30 juin, date de la finale, c’est que l’Espagne aura tenu son pari.


A Innsbruck, Antoine Maes
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