Raymond Domenech: «Je ne crois pas avoir utilisé le mot prudence depuis le début de la compétition»

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Publié le 11 juin 2008.

EURO2008 - Raymond Domenech essaie de trouver l'équilibre entre solidité défensive, et folie devant...

A deux jours du match contre les Pays-Bas, Raymond Domenech essaie de trouver l’équilibre entre solidité défensive, et folie devant.

William Gallas a parlé hier de faire des réunions pour parler de ce qui ne va pas. Vous avez eu cette réunion?

Ah oui, c’est vrai, William nous a convoqué pour une réunion! Si on attendait que William nous convoque pour faire une réunion de débriefing après un match… Ben faudrait attendre qu’il se réveille! Je plaisante, mais c’est vrai, on ne pourrait la faire qu’en début d’après-midi. Il a repris ce qu’on dit et ce qu’on fait tout le temps. C’est clair qu’après chaque match, il y a un débriefing. Là, ça a même été encore plus simple puisqu’on a diffusé les images du match dans le train du retour, on a déjà pu en discuter avec les uns et les autres à ce moment là. Hier, j’ai vu la plupart des joueurs, on va se revoir aujourd’hui. Des réunions, il y en a, il y en a en permanence.

William a aussi dit qu’il avait des consignes pour ne pas monter…

C’est ce que je disais tout à l’heure, qu’est-ce qu’il a raconté comme conneries pendant sa conférence de presse! J’ai pour habitude de dire aux défenseurs que leur premier travail, c’est de défendre, qu’au milieu, c’est de récupérer les ballons et de lancer les attaques et aux attaquants d’aller vite devant et d’essayer de marquer. Ça c’est les consignes stupides d’entraîneur de base. Et de dire qu’un défenseur central ne joue pas comme un avant-centre. Que la première responsabilité d’un défenseur central, c’est d’empêcher l’attaquant adverse de s’exprimer. S’il peut faire plus, il a toute opportunité pour faire plus, ça me paraît évident. Personne ne dit: «T’as pas le droit de passer la ligne médiane». Je ne crois pas avoir utilisé le mot prudence depuis le début de la compétition. Sécurité, responsabilité à des postes, et de là, on joue, on se libère, on se lâche. Contre la Roumanie, on ne s’est pas lâché. C’était le premier match, tout le monde était un petit peu crispé, sur la réserve. Mais dans ce match-là, qu’un défenseur central sorte, je pense que ça aurait été criminel, parce que c’est ce qu’attendaient les onze Roumains.

Vous êtes agacé parce qu’a dit William?

Non, pas du tout, William a le don de me faire rire. Il a le don de dire des choses qui sont vraies mais qu’on a déjà dit avant. C’est bien, ça prouve qu’il écoute ce qu’on raconte.

Est-ce que certains joueurs vous ont déçu?

Non, pas du tout. Je connais le contexte, je sais où ils en sont. Je ne fais pas des jugements ou des bilans à la fin de chaque match, sinon, après chaque match, j’aurais été obligé de changer cinq ou six joueurs pour faire plaisir à tout le monde.

Etes-vous inquiet pour la suite?

Dire qu’on aborde les deux matchs des Pays-Bas, de l’Italie, le sourire aux lèvres, tranquille, serein, ça serait aller un peu loin quand même, mais je me dis que de l’autre côté, les deux autres se disent jouer les Français ou les Roumains, ça ne va pas être facile non plus, même si on est un peu tous dans la même situation, même si les Hollandais, avec trois points, ont un peu plus d’avance pour le moment. On en est là.

Propos recueillis par Pierre Koetschet (à Châtel St-Denis)
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