Act Up refuse que les maux de l'expulsion s'ajoutent à ceux de la maladie. Dix militants parisiens de l'association de défense des malades du sida ont répandu du faux sang devant le siège strasbourgeois de la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH), samedi après-midi. Leur action, qui a duré une quinzaine de minutes, a aussi pris la forme d'un die-in (les militants se sont allongés).
Ils protestaient contre un arrêt de la juridiction européenne autorisant le Royaume-Uni à renvoyer dans son pays une séropositive ougandaise âgée de 34 ans. Résidant outre-Manche depuis 2001, elle est atteinte de deux maladies liées au VIH. Problème : les traitements antiviraux étant à la charge des patients en Ouganda, la probabilité qu'elle ait accès à des soins adaptés à sa pathologie est très faible, s'inquiète l'association.
Tout en reconnaissant que « la qualité et l'espérance de vie de la requérante auraient à pâtir » de l'expulsion, la CEDH a estimé le 27 mai que celle-ci ne constitue pas « un traitement inhumain et dégradant ». Faux, répondent les membres d'Act Up. Ils réclament l'inscription dans le droit européen des « principes d'inexpulsabilité et de régularisation des étrangers malades ne pouvant se soigner dans leur pays ».