Mauvaise pioche. Les entreprises de travaux publics de la région avaient connu une croissance de plus de 10 % en 2007, la plus forte enregistrée depuis vingt-cinq ans.Cela s'était traduit par une hausse de 4 % des effectifs dans les entreprises. Mais l'année en cours s'annonce moins favorable. « Plusieurs clignotants semblent virer à l'orange », s'est préoccupé vendredi le président de la Fédération nationale des travaux publics (FNTP), Patrick Bernasconi.
Sans être alarmistes, les professionnels évoquent une accumulation de facteurs défavorables. D'abord, il y a eu en début d'année « des échéances électorales [les municipales] qui entraînent un freinage de l'activité ». Surtout, au-delà de ce ralentissement ponctuel des commandes, la tendance générale est à la diminution du nombre d'appels d'offres lancés par les collectivités locales. Or, elles représentent 50 % de l'activité du secteur. Jusqu'alors, les grands chantiers du tram de Mulhouse et de Strasbourg ont soutenu l'activité. Mais aucune nouvelle extension de réseau n'a été lancée depuis. Et la Fédération régionale des travaux publics d'Alsace (FRTPA) regrette que la seconde phase du TGV-Est entre Baudrecourt (Moselle) et Vendenheim, ne soit toujours pas financée.
Certes, « une rupture brutale » dans le secteur des travaux publics n'est pas envisageable, selon la FNTP, qui prévoit 2 % de croissance en 2008. Mais la hausse continue du prix du pétrole est un autre facteur qui inquiète. Elle accroît nettement les charges des entreprises alsaciennes, leurs engins de chantier étant de gros consommateurs de carburant. A cela s'ajoute la progression du coût des matières premières, comme les tuyaux PVC fabriqués à base de pétrole.