EURO2008 - Reportage à Klagenfurt, où 50.000 supporters parfois agités sont attendus...
Jusqu’ici, tout va bien.
Klagenfurt, 90.000 habitants, capitale de la Carinthie, accueillera demain soir l’un des matchs à hauts-risque de la compétition. Sur le terrain, Allemands et Polonais vont disputer leur premier match dans ce groupe B. Dans la ville, on retient son souffle.
Les hordes barbares sont attendues
Forcément, il y a de quoi avoir peur. La sympathique cité balnéaire, posée à côté du lac Wörther, va voir déferler 25.000 Allemands et 20.000 Polonais, selon les estimations de l’UEFA. Pas besoin de vous faire un dessin: l’ambiance est électrique. En 2006, lors de la Coupe du Monde, les deux camps avaient d’ailleurs dévasté une bonne partie de la ville de Dortmund à coup de canettes de bière. Cette semaine, ce sont les tabloïds polonais qui ont allumé les premières mèches. Dans l’un d'eux, on peut voir Leo Beenhakker, le sélectionneur polonais, t
enir les têtes décapités de Michael Ballack et de Joachim Löw. Tollé diplomatique et excuses officielles de l’ambassadeur polonais en Allemagne.
«Revenez dans quinze jours»
Klagenfurt n’a pas une expérience démesurée des évènements internationaux: la plus grande manifestation organisée fut un championnat du monde de beach-volley. Forcément, il est très tentant d’aller titiller un policier local. «Revenez dans quinze jours, et là, je vous dirai comment je me sens», sourit-il. Entre militaires, policiers, et agents privés de sécurité, 5.000 hommes défendront la ville de Jörg Haider. Les rondes tournent déjà à plein régime le long de l’Alter Platz, centre névralgique nocturne de la ville. Dans le ciel, les hélicoptères ont aussi commencé le survol de la cité.
Le Gué des Lamentations
Ce samedi en début d’après-midi, les supporters allemands et polonais se faisaient toujours rares. Le gros des troupes est attendu dans la soirée. Pour le moment, les habitants sont donc encore très zens. «Je me suis juste levée plus tôt pour aller faire mes courses», sourit Kerstin, qui croit tout de même savoir que des hooligans anglais ont aussi prévus de participer à la fête. Si c’était le cas, Klagenfurt («gué des lamentations» en allemand) n’aurait plus qu’à invoquer son histoire. La légende raconte qu’Hercule en personne serait venu régler son compte au dragon hantant les rives du lac de Wörther. Depuis, cette sale bête est l’emblème de la ville, et doit la protéger contre les dangers. Pas sûr que ce soit suffisant.
Antoine Maes, envoyé spécial à Klagenfurt