Des questionnaires en CM2 et 6e relancent la polémique sur le fichage des élèves
Créé le 06.06.08 à 15h16
Mis à jour le 06.06.08 à 15h57
EDUCATION - Le ministère a dû retirer des questions, sous la pression des associations...
«Es-tu né en France?» «Quelles langues parles-tu à la maison?» D'habitude, qui vit avec toi à la maison?»... Ces questions, posées à des élèves de CM2 dans le cadre d'un questionnaire d'évaluation du ministère de l'Education, sont à l'origine d'
une nouvelle polémique sur le fichage des élèves.
Adressés début mai à un échantillon d'élèves de plusieurs écoles publiques et privées en France, ces questionnaires visaient à tester
les futures évaluations annoncées en CM2 à partir de la rentrée 2009. Les premières conclusions devaient être présentées lors d'un séminaire au ministère les 2 et 3 juin.
Questionnaire «obligatoire et d'intérêt public»
Mais face au tollé soulevé par les associations de parents d'élèves et les syndicats, le ministère a été obligé dernièrement de retirer la quatrième partie, où était stipulé: «Ici, toutes tes réponses sont bonnes. Il n’y a pas de mauvaise réponse.» Y figuraient les questions citées ci-dessus ainsi qu'une série de QCM sur la situation sociale et psychologique de l'élève (
>> pour retrouver l'intégralité du questionnaire, cliquez ici). Les trois premières parties, destinées à mesurer les acquis en «lecture, outils de la langue et production écrite», ont elles été maintenues.
Un autre questionnaire a également dû être tronqué. Adressé cette fois-ci aux parents d'élèves de sixième, il comportait dix-huit pages de questions, sur la nationalité, la langue parlée, les revenus, etc. «Un alinéa précisait que ce questionnaire était obligatoire et d'intérêt public et que les parents qui n'acceptaient pas de répondre étaient passibles d'une amende de 300 euros», explique à 20minutes.fr un parent d'élève de l’école primaire de Monein, dans le Béarn.
Etudes similaires sur le site du ministère
A la Direction de l'évaluation et de la prospective et de la performance (Depp), le département statistiques du ministère de l'Education, on se dit «surpris» d'une telle polémique. «Cela fait des années que des questionnaires de ce type, validés par la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil), sont remplis par des élèves et leurs parents.» Conctactée par 20minutes.fr, la Cnil n'était pas en mesure de réagir ce vendredi.
En consultant le site du ministère, on trouve effectivement des études réalisées à partir de données socio-économiques et ethnologiques. La dernière étude sur la maîtrise du langage et de la langue française en fin d'école primaire date ainsi d'octobre 2004 et avait été réalisée «à partir des mêmes questions», assure-t-on à la Depp. En avril 2007,
une étude sur la perception du système éducatif par les enfants d'immigrés a également été publiée, nécessitant les mêmes méthodes.
«Ces questionnaires ont pour objectif de mieux adapter le système éducatif français à la situation réelle des élèves, fait-on valoir au ministère. Ils n'ont jamais été utilisés à mauvais escient ou pour un quelconque fichage.» A la Depp, on estime que le climat actuel autour des sans-papiers et de leurs enfants scolarisés est à l'origine de cette polémique. «Jusqu'à ce que certains parents d'élèves se saisissent du sujet, le taux de réponses était comparable aux précédentes études.» En somme, le ministère de l'Education aurait fait les frais de la politique du ministère de l'Identité nationale.
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