PROCES - Ils comparaissent durant deux jours devant le tribunal correctionnel de Toulouse pour avoir fauché en juillet 2006 une parcelle de maïs transgénique...
«OGM ni dans les champs ni dans nos assiettes». C'est le refrain scandé hier matin par une centaine de faucheurs volontaires venus accompagnés aux marches du palais de justice leurs 41 camarades prévenus, parmi lesquels José Bové. Ils comparaissent durant deux jours devant le tribunal correctionnel de Toulouse pour avoir fauché en juillet 2006 une parcelle de maïs transgénique destiné à la commercialisation à Saint-Hilaire et celle d'un essai OGM à Daux. Durant toute la journée les accusés se sont succédé à la barre pour expliquer leur motivation. Paysan aveyronnais, Francis Roux, n'a pas hésité. «J'ai fauché et je faucherai encore. Je suis agriculteur bio et je ne vois pas pourquoi je me laisserai envahir par une technique qui va m'éliminer. Est-ce que ça ce n'est pas une agression», a-t-il lancé à la cour. L'urbain François Simon, ancien conseiller municipal d'opposition, préfére invoqué son rôle d'élu. «La légitimité est parfois de franchir la loi pour débattre. Si nous n'avions pas Eté là vous mangeriez aujourd'hui des OGM», a-t-il insisté. Pour leurs avocats «ils ont eu raison trop tôt», faisant ainsi référence au moratoire sur le seul maïs commercial autorisé, le MON 810. «Cela n'a rien à voir avec les faits de 2006», souligne de son côté Maître le Prat, défenseur de l'agriculteur de Saint-Hilaire. Elle demande 15 000 euros pour le préjudice matériel. «On a mis en place une loi qui encadre, surveille et contrôle, cela veut dire que le produit n'est pas dangereux sinon il serait nécessairement interdit et non suspendu», poursuit Jean de Cesseau, l'avocat de Pioneer qui réclame 32 000 euros, l'équivalent des frais engagés pour l'essai.
Et vous, que pensez vous du fauchage des plans d'OGM?
B. C.