Pas besoin du numéro 9 dans le dos pour faire trembler les filets adverses. A son mal vieux comme Eusébio, le Portugal a une réponse: Cristiano Ronaldo, numéro 7, ailier, funambule, mais surtout buteur d’une sélection qui souffre de sa faiblesse récurrente au poste d’avant-centre. Des trois pointes à disposition de Luis Felipe Scolari, aucune ne soulève l’enthousiasme. Nuno Gomes décline, Helder Postiga n’a jamais confirmé, Hugo Almeida n’a vraiment convaincu que le Werder Brême.
Dans les faits, Cristiano Ronaldo est déjà la principale arme de sa sélection. La preuve, ses huit réalisations en qualifications. Des beaux, des moches, des grandioses, des faciles, de loin, de la tête, le registre des réalisations du Mancunien est sans fin. Champion d’Europe, vainqueur de la Ligue des Champions, l’homme aux 31 buts en Premier League file vers un Ballon d’Or. Encore faut-t-il confirmer avec sa sélection en ce mois de juin.
Larmes en finale
De l’Euro de 2004 à la maison, le prodige de Madère garde un souvenir particulier. Agé de 19 à l’époque, Ronaldo avait gagné durant le tournoi une place de titulaire auprès de son idole, Luis Figo, lui aussi issu du prolifique centre de formation du Sporting. Mais il garde surtout de ce Champion d’Europe la désillusion finale contre la Grèce et ses larmes qui en découlèrent. Il a prévenu, il veut faire de cet Euro 2008 sa revanche.
Même s’il sait encore se montrer irritant, le Portugais tend à gommer l’image de l’enfant gâté, surdoué mais passant ses matchs à râler ou à abuser les arbitres. Des progrès entrevus lors de la dernière finale de Champions League où il a su garder son calme dans un contexte tendu. Mais Cristiano Ronaldo reste Cristiano Ronaldo, il aime rajouter une touche de fantaisie, une touche de trop pour certains. Il en veut toujours autant à la terre entière quand il échoue à effacer son garde du corps. Ronaldo ne conçoit pas qu’on lui résiste.
Le Portugal lui pardonne tout
Persuadé de disposer du meilleur joueur mondial, le Portugal pardonne tout à son fils préféré. Le pays a retenu son souffle quand il est sorti lundi d’un entraînement claudiquant, une cheville entourée d’une poche de glace. Mais Ronaldo était de retour sur les terrains dès le lendemain. Samedi contre la Turquie, il tiendra bien sa place à droite de l’attaque, parfois à gauche, et pourquoi pas dans l’axe si le besoin s’en fait sentir en fin de match.