INTERVIEW - Loïc Prigent, auteur de documentaires sur la mode, raconte que même Madame Paul Smith était fan du couturier…
Quelles traces laissera Yves Saint Laurent,
décédé dimanche, dans l'histoire de la haute couture? Loïc Prigent, auteur de documentaires sur la mode — sur Marc Jacobs et Louis Vuitton, ou sur
Anna Wintour, patronne du Vogue américain — réagit sur 20minutes.fr.
Quel héritage laisse Yves Saint Laurent?
Il laisse non seulement des pièces vestimentaires, mais aussi des attitudes. Celle de la femme en smoking qui fume des clopes dans Paris, c’est lui. Le bustier avec des seins coniques, c’est lui aussi, tout comme les blouses romaines un peu brodées, ou encore la robe de mariée en maille dans laquelle la femme se love comme dans un cocon. Jean Paul Gaultier a repris cette idée. Ce que fait Roberto Cavalli aujourd’hui, c’est en partie inspiré d’YSL. Yves Saint-Laurent avait l’art et l’audace de piocher dans tout: il chopait des trucs chez Van Gogh, chez Matisse, dans le folklore marocain ou africain.
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Qu’est-ce qui vous a marqué chez ce créateur?
Lors de ses adieux en 2002, on a eu droit à l’alphabet de la mode qui défilait. D’ailleurs, après, c’était la folie pour les clientes qui se précipitaient pour commander des pièces YSL. Même Madame Paul Smith s’est faite faire un smoking YSL alors qu’elle a un couturier à domicile… Le dernier défilé, c’est un film à lui tout seul. Il faut que la maison YSL l’édite en DVD.
Recueilli par Alice Antheaume