EDUCATION - Nicolas Sarkozy l'a confirmé ce lundi...
Nicolas Sarkozy a confirmé ce lundi l'intégration des différents concours d'enseignement (professeurs des écoles, Capes, agrégation) au cursus universitaire et leur accès à tout titulaire d'un master 2 (bac +5). «En échange de cette année d'études supplémentaire, nous nous engageons à ce que les débuts de carrières soient revalorisés», a-t-il affirmé devant les cadres de l'Education et de l'Enseignement supérieur, précisant que le nouveau dispositif serait mis en place pour «deux concours», sans préciser lesquels, «dès la session 2010».
Actuellement, le concours de professeurs des écoles (primaire) et le Capes (collège et lycée) sont accessibles à partir de la licence (bac+3). Mais il faut une année de préparation, en IUFM (Institut universitaire de formation des maîtres) ou par correspondance, pour pouvoir présenter les concours. A cela s'ajoute une année de stage rémunéré. Au total, le jeune enseignant ou professeur des écoles affiche donc cinq ans de formation pour un niveau bac+3. Le jeune agrégé, lui, dispose d'un niveau bac+4 (master 1), tout en ayant suivi également cinq ans de formation avec l'année de stage.
Quid de l'année de stage?
Dès l'entrée en vigueur du nouveau dispositif, tous afficheront un niveau bac+5. Quant à l'année de stage, Nicolas Sarkozy n'a pas précisé si elle serait maintenue. «La deuxième année de formation en
IUFM, celle qui correspond actuellement, pour le futur enseignant, à une année rémunérée par l'Etat en tant que fonctionnaire stagiaire, va certainement disparaître»,
avait déclaré Patrick Baranger, président de la conférence des directeurs d'IUFM (CDIUFM). A la place, selon «Le Monde», le jeune professeur serait accompagnée par des tuteurs dans le cadre d'une formation selon le principe du compagnonnage.
Objectif: mieux rémunérer les enseignants dès la première année de leur carrière. D'ailleurs, Nicolas Sarkozy a répété que la moitié des économies produites par les suppressions d'emplois dans l'Education nationale serait redistribuée aux enseignants. Toutefois, fait remarquer à 20minutes.fr Danielle Dobler, chargée de mission à la CDIUFM, «les jeunes diplômés devront attendre la sixième année avant d'être payés, alors qu'ils l'étaient dès la cinquième année actuellement, dans le cadre de leur stage».
Et quid des IUFM?
Par ailleurs, le rôle des 31 IUFM dans leur formation professionnelle n'est pas précisé. Depuis le 1er janvier 2008, ils dépendent de l'université et non du ministère de l'Education nationale. Ce dernier assurait la semaine dernière qu'ils «auront un rôle à jouer dans la formation continue». Mais selon l'AFP, l'Elysée avait déclaré de son côté que la «masterisation» de la formation des professeurs devraient entraîner à terme la disparition des IUFM. Le chef de l'Etat n'a rien dit sur ce point ce lundi. «Le mieux serait de répartir la formation au métier d'enseignant entre la licence et le master 2», note Danielle Dobler.
Dernier volet de la réforme du métier d'enseignant annoncée par Nicolas Sarkozy, «le système des affectations». «Trop souvent, aujourd'hui, l'Education nationale ne parvient ni à satisfaire le souhait d'un professeur, ni à répondre aux besoins des élèves», a-t-il affirmé. «Je ne dis pas que l'on ne fait rien pour résoudre la difficulté. Je dis que l'on pourrait faire mieux. Je n'ai pas de solution miracle. Mais est-ce trop demander que d'essayer (...) de mieux écouter les attentes des uns et des autres et de ”placer la bonne personne au bon endroit”?», a ajouté le chef de l'Etat.
Catherine Fournier