Accident de TER: le point sur l'enquête

Publié le 6 juin 2008.

HAUTE-SAVOIE - Les enquêteurs recherchent un 4x4 qui pourrait être impliqué...

Un TER est entré en collision avec un car scolaire du collège de Margencel, près de Thonon-les-bains, à un passage à niveau lundi en début d'après-midi à Mésinges (Haute-Savoie), près d'Annecy. L'accident a provoqué la mort de sept enfants. Il y a 25 blessés, dont trois graves.

Y a-t-il eu erreur humaine?

C'est la thèse vers laquelle s'oriente l'enquête. Le chauffeur a été mis en examen et écroué. Les enquêteurs recherchent également un «véhicule à forte capacité, genre 4x4», que le chauffeur aurait laissé passer alors qu'il était sur le passage à niveau.

Dans un entretien au «Figaro» ce vendredi, l'avocat du conducteur de car, Adrien-Charles Dana, confirme qu'un véhicule 4x4 serait peut-être «impliqué» dans l'accident qui a fait sept morts lundi parmi des collégiens. Il déclare que «le véhicule 4x4 venait en face et a obligé le chauffeur de car à ralentir».

Selon le commandant du Groupement de gendarmerie de Haute-Savoie, les témoignages sont contradictoires, certains affirmant que le chauffeur, qui est en état de choc, avait grillé le feu du passage à niveau, d'autres assurant le contraire.

Selon l’automobiliste qui se trouvait derrière le car, «le car s'est engagé alors que les feux clignotaient déjà. Le train est arrivé et il l'a coupé en deux».

«Je pense que le chauffeur n'a pas vu le feu clignoter et la barrière qui se refermait a ensuite bloqué le car une fois qu'il était sur la voie ferrée. Moi j'ai bien vu le clignotant, j'étais devant», a déclaré à l'AFP un collégien qui est sorti indemne de l'accident.

Le chauffeur a nié être passé au rouge, a déclaré mardi son employeur.

Les faits
L'accident s'est produit à 13h57 entre un TER faisant la liaison entre Annemasse et Thonon-les-Bains et un car qui transportait 56 personnes : 50 enfants, 5 accompagnateurs et le chauffeur, a précisé le ministre de l'Education national Xavier Darcos. Le bus transportait 56 personnes, dont 50 élèves. «Les relevés des écrans de contrôle de ce passage à niveau, qui était télé-surveillé, nous indique que tout aurait fonctionné normalement jusqu'au moment de l'accident», a précisé une responsable de la SNCF.

D’où venaient les enfants?
Parties d'Allinges, la commune à laquelle est rattachée le village, les deux classes de 5e du collège allaient visiter des sites moyenâgeux dans la ville d'Yvoire, explique le principal du collège Patrick Bermond à France info. «On a déjà informé nos élèves, on est passé dans les classes. Avec les portables, les nouvelles vont vite et c'est parfois déformé», explique-t-il. «Un truc pareil, c'est effroyable» souffle le responsable.

Un numéro pour les familles a été mis en place à la préfecture: 04 50 33 61 33

Que s’est-il passé?
Selon une jeune fille interrogée par France Info présente sur place, «le car s'est engagé alors que les feux clignotaient déjà. Le train est arrivé et il l'a coupé en deux», a-t-elle dit, très émue. Le car se serait retrouvé coincé entre les deux barrières, et n’aurait pu redémarrer. La SNCF a précisé que le passage à niveau comportait «une signalisation lumineuse automatique et deux demi- barrières».

Comment les secours ont-ils été organisés?
Le plan Organisation des secours (Orsec) a été déclenché, de même que le Plan Blanc, qui organise l'affluence accrue qui va toucher les hôpitaux de la région. Une cellule de crise a été mise en place en préfecture. Les Pompiers et le Samu sont immédiatement arrivés sur place, et prennent en charge les passagers. Des cheminots sont également arrivés pour apporter du renfort. Le passage à niveau aurait fonctionné normalement», explique d'Elizabeth Ruiz, responsable de la communication régionale de la SNCF.

Y a-t il eu erreur de signalisation?
Selon les premiers contrôles des dispositifs de télésurveillance électronique, le passage à niveau a «apparemment fonctionné normalement», a pour sa part assuré Dominique Bussereau, secrétaire d’Etat aux transports, confirmant ainsi les propos d'une responsable de la SNCF. Il a ajouté que seule l'enquête permettra de connaître les circonstances précises de l'accident.
«Le précédent passage d'un train s'est passé normalement. Sur le train en question, les feux rouges, l'ensemble des choses ont apparemment fonctionné normalement», a déclaré Dominique Bussereau. Guillaume Pépy, le président de la SNCF, a expliqué que le TER roulait à 90km/h, soit sa vitesse normale.

Quels sont les précédents?
C'est le plus grave accident de car transportant des enfants depuis celui survenu en juillet 1982 sur l'autoroute A6 à hauteur de Beaune (Côte-d'Or), qui avait fait 46 morts. >>Plus d’infos ici

Quelles vont être les suites?
La ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, a annoncé l'ouverture d'une enquête administrative parallèlement à une enquête judiciaire. Nicolas Sarkozy a prévu de se rendre sur les lieux du drame mardi matin. Le président de la République se recueillera à la chapelle ardente dressée sur place.

>> Vous étiez sur place, vous avez des informations? Envoyez vos témoignages au 333 20 ou à 33320 @20minutes.fr
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