Garde à vue et auditions filmées: «Une réforme superflue et coûteuse»

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Publié le 31 mai 2008.

CONTRE - Christophe Régnard, secrétaire national de l'Union syndicale des magistrats…

Christophe Régnard, secrétaire national de l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire) explique à 20minutes.fr pourquoi il est hostile à la généralisation à partir de ce dimanche de l’enregistrement vidéo des gardes à vue et des auditions chez le juge d’instruction dans les affaires criminelles (hors terrorisme et associations de malfaiteurs).

A quelques jours de l’entrée en vigueur de cette réforme, les critiques portaient surtout sur les difficultés matérielles rencontrées par les organisations professionnelles concernées… 

Effectivement, la chancellerie a eu 18 mois pour se préparer et pourtant, seuls 75% des juges d’instruction sont équipés. Certains vont devoir se partager les bureaux et les caméras, car on ne dispose pas comme les commissariats et les gendarmeries de webcams. Nos appareils sont fixes. C’est complètement aberrant quand on sait que le juge d’instruction doit souvent se déplacer à l’hôpital ou en prison pour entendre un suspect et prononcer une mise en examen. Cette réforme est pleine d’incohérences et d’incertitudes.

Lesquelles? 

La circulaire d’application ne précise pas si la vidéo doit être gravée sur cédérom en présence de la personne interrogée, afin que celle-ci puisse signer le scellé. Si c’est le cas, étant donné qu’il faut huit minutes pour graver une heure d’interrogatoire, toute la procédure s’en trouvera retardée.

Finalement, vos doléances ne portent que sur des contraintes techniques…

C’est parce que cette réforme est superflue et coûteuse, surtout dans le cas des auditions chez le juge d’instruction: un avocat et un greffier sont systématiquement présents. Pourquoi ajouter une caméra?  Elle présente aussi des limites d’ordre déontologique. On sait très bien que des aveux filmés, même si le suspect se rétracte ensuite, auront beaucoup plus d’impact lors d’un procès que des aveux écrits.

Mais si ces aveux sont extorqués, on le verra aussi…

Il ne faut pas croire que l’intégralité des interrogatoires lors des gardes à vue seront filmés. Tout ce qui se passe à côté, dans les cellules et les couloirs, restera off.

Propos recueillis par Catherine Fournier
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