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Mariage annulé faute de virginité: la voix discordante de Rachida Dati

La ministre de la justice Rachida Dati le 21 mai 2008 à l'Assemblée Nationale
La ministre de la justice Rachida Dati le 21 mai 2008 à l'Assemblée Nationale/Patrick Kovarik AFP/Archives

JUSTICE - Fadela Amara dénonce «une fatwa contre l'émancipation des femmes», alors que la garde des Sceaux...

Une condamnation unanime. Ou presque. Alors qu’au nom du droit des femmes, les féministes, associations antiracistes ou laïques et deux ministres ont dénoncé vendredi l'annulation par la justice d'un mariage motivée par le mensonge de l'épouse sur sa virginité, seule la ministre de la Justice, Rachida Dati, semblait vendredi admettre cette décision.

«La justice est là pour protéger. Le fait d'annuler un mariage est aussi un moyen de protéger la personne qui souhaite peut-être se défaire du mariage, parce que je pense que cette jeune fille (...) a souhaité également, sans doute, se séparer assez rapidement», a déclaré la garde des Sceaux.

«Fatwa contre l’émancipation des femmes»

Un point de vue que ne partage pas Fadela Amara, secrétaire d’Etat à la politique de la ville. L’ancienne présidente de Ni putes ni soumises a évoqué une «fatwa contre l’émancipation des femmes». «J’ai cru que l’on parlait d’un verdict rendu à Kandahar.»

Samedi, Nadine Morano a également contredit Rachida Dati. Pour la secrétaire d'Etat à la Famille, puisque la jeune fille n'avait pas osé dire qu'elle n'était plus vierge, elle a plutôt été «contrainte» de voir son mariage annulé. Plus largement, Nadine Morano estime que cette décision du tribunal de Lille pousse à réfléchir à la notion de «qualité essentielle de la personne». «Est-ce qu'il faut légiférer en disant: sur les qualités essentielles de la personne, on ne peut pas inclure la virginité tout simplement parce qu'on voit bien que ça crée une inégalité hommes-femmes ?», s'est-elle interrogée sur RTL.


De gauche à droite, les partis se sont émus d'une décision rendue par un juge de Lille, jugée «scandaleuse» pour le PCF, «atterrante» pour le PS, et «remettant en cause l'égalité hommes-femmes» (UMP).

«Contraire à l’esprit de laïcité»

«Il existe en France, au XXIe siècle, des juges pour considérer que la virginité (des femmes évidemment!) est une “qualité essentielle”, on a vraiment peine à le croire», a réagi le Collectif national pour le droit des femmes (CNDF) en fustigeant «les intégristes de tous poils».

La Ligue des droits de l'Homme juge la décision «discriminatoire» à l'égard des femmes, tandis que le médiateur de la République Jean-Paul Delevoye la voit «contraire à l'esprit de la laïcité».
Avec agence
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