Eté 2007. Pour la bagatelle 36 millions d’euros, Fernando «El Nino» Torres entre dans l’âge adulte en signant pour Liverpool. A 23 ans, le fils préféré quitte l’Atletico, où tout lui était pardonné: ses relatives carence devant le but, comme ses penaltys ratés. Le garçon à l’allure soigné et aux traits fins, est attendu au tournant dans un championnat anglais réputé pour son engagement physique.
«ça me poussait à me laisser un peu aller»
Une saison plus tard, Fernando a fait mieux que s’adapter. Auteur de 24 buts en championnat et de 6 en Ligue des Champions, l’Espagnol a impressionné, au point d’être désigné par les journalistes deuxième meilleur joueur de Premier League, derrière Cristiano Ronaldo. L’exil sur les bords de la Mersey a eu le mérite de sublimer un garçon peut-être trop choyé dans son club formateur: « A l’Atletico, je savais que je jouerais de toute façon. Peut-être que parfois, ça me poussait à me laisser un peu aller» avoue aujourd’hui Torres.
Elégant, technique, rapide, bon de la tête, la panoplie du jeune homme impressionne. De quoi faire de lui l’une des stars du prochain Euro? A un bémol près: ses performances sous le maillot espagnol restent un cran en dessous. Avec 16 buts en 46 sélections, son bilan n’a rien de déshonorant, mais «El Nino» n’est pas encore décisif dans les grands événements. La Coupe du Monde 2006 résume bien la situation. Comme à son habitude, l’Espagne séduit au premier tour, Torres inscrit trois buts en trois matchs, mais déçoit en huitième de finale contre la France (défaite 3-1). Trop léger, pas assez rusé face au métier des Bleus.