L'anus horribilis de Landreau
L'année du gardien parisien Mickaël Landreau, vécue de façon chaotique avec son club, s'est donc achevée par une chute brutale en sélection. Une chute provoquée par un sélectionneur avec lequel il a toujours entretenu des rapports particuliers. «Pour certains, j'ai été dans l'affectif plus que dans le professionnel, c'est comme ça», a avoué de son côté Raymond Domenenech quelques heures après son choix cruel. Le sélectionneur pensait sans doute à cet instant à l'ancien Nantais qui avait été son gardien inamovible lorsqu’il était à la tête des Espoirs. Il y a moins de deux ans, après le mondial 2006, le sélectionneur français avait fait de l'ex-prodige du foot français un indiscutable membre de l'équipe de France. L’année 2007-2008 calamiteuse de Mickaël Landreau a eu raison de la confiance du sélectionneur. Les difficultés de Landreau ont d’abord éclaté au grand jour lors d'un match qualificatif à l'Euro contre l'Ecosse en septembre. Assurant l’intérim de Coupet blessé, l’ancien prodige du foot français ne peut repousser le tir lointain de Mac Fadden. La France perd 1-0. Mauvais camarade, Grégory Coupet estime alors qu'à la place de son remplaçant, il aurait sorti le ballon. Quelques mois plus tard, contre le Maroc, lors d'un match amical, sa prise de balle râtée cause l'un des deux buts marocains. Quelques boulettes 2007-2008 made in Landreau notamment les deux en sélection:
Matchs cauchemardesques
Avec son club du PSG, Landreau a également touché le fond. Lui si sérieux d’habitude voit ses nombreuses boulettes relayées par la presse et tourner en boucle sur les télés. Notamment sa sortie hasardeuse contre Toulouse au Parc devant un Camara persuadé de remettre à son gardien, ainsi que sa tentative de prise de balle complètement ratée sur un coup franc Marseillais (voir encore la vidéo ci-dessus). La saison précédente, Landreau avait souvent retardé les défaites du PSG, cette année il apparaît à plusieurs reprises comme son fossoyeur. Au même moment, le Marseillais Steve Mandanda, flambe avec l'OM sur tous les terrains de Ligue 1. Mais il en faut plus pour abattre l'ancien Nantais A chacun de ses matchs cauchemardesques, avec sérieux et application, il tente de relever la tête en faisant ce qu'il sait le mieux faire: travailler. «J’ai eu des pressions d’un peu partout mais j’ai essayé de tenir bon. J’ai assumé mes responsabilités quand il le fallait. J’ai assumé le rôle qui devait être le mien. Je ne me suis pas caché», écrit-il sur son site internet. Contre vents et marées, Le Guen lui conserva sa confiance en championnat.
Remises en cause publiquesCahin-caha, au mental, Landreau terminera l'année en sauvant les apparences. C'était avant que deux hommes importants ne remettent en cause publiquement son statut. Mardi d'abord, lors de sa première interview, le nouveau président du PSG, Charles Villeneuve, indique qu'il compte chercher pour la saison prochaine un «grand gardien», estimant implicitement que Landreau a bel et bien perdu ce statut. Le lendemain, Raymond Domenech l'exclut de sa liste, lui préférant Frey et Mandanda, après l’avoir pourtant défendu une bonne partie de l’année en déclarant le 4 mars «on ne condamne jamais un gardien de but sur une erreur». Après une telle descente aux enfers en moins de 12 mois, Landreau peut-il s’en remettre?