Fourniret parle et vomit contre la cour

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Publié le 27 mai 2008.

JUSTICE - Avant-dernier jour du procès de Charleville-Mézières. Après les plaidoiries de la défense de Monique Olivier lundi, c'est au tour des avocats de Michel Fourniret de prendre une dernière fois la parole, alors que le verdict est prévu mercredi. 20 Minutes est sur place pour vous faire vivre l'audience en direct.

Pour lire le compte rendu de l'audience cliquer ici

15h. Fin de l'audience. Le jury entre en délibéré.

14h51. Puis vient la parole à Michel Fourniret. Il se lève, prend une respiration, et se lance dans un charabia hallucinant pendant plusieurs minutes, le tout en vers. Un texte qu'il dit écrit par "Michel noir" et "Michel blanc", comme l'avait surnommé son frère aîné pendant le procès.

A plusieurs reprises, il s'en prend à l'avocat général Francis Nachbar qu'il traite de "roquet qui crache l'anathème", de "petit Francis", estimant que Francis "fait plus dans l'opérette que dans le grégorien" avec "une grosse tête coiffant un avocat général empourpré".


Vexé d'avoir été présenté dans le réquisitoire comme un "petit Fourniret", il se décrit comme un "pékin à grosses paluches" qui "impliquent la petite tête". Il va très loin dans la provocation, se définissant comme un "SPP, simplet sur patte", faisant écho au "MSP", les "membranes sur pattes" comme il surnommait les jeunes filles vierges dans ses courriers criminels avec Monique Olivier. Mais derrière le "petit Fourniret", il y a aussi "un cœur de grand bonhomme", affirme-t-il.

De Monique Olivier, il plaint "la femme qui sans âme geint tel un paillasson", mais qui est "une pauvre bonne femme incapable de nuire à quiconque dans la société".

Près de cinq minutes de diarrhée verbale, avec citations en latin, en partie incompréhensible, et qu'il conclue d'un petit sourire en disant "voilà c'est tout"'. Incroyable et malsain, à la hauteur du personnage.

14h50. La parole est donnée à Monique Olivier. "Je… je regrette tout ce que j'ai fait…", dit l'accusée. Après un long silence, elle ajoute "c'est tout", sans regard pour les familles de victimes au premier rang.

14h45.
Avant de conclure, l'avocat annonce que Fourniret ne fera pas appel de la décision de la cour. "Michel Fourniret connaît son sort depuis le début, il sait qu'il terminera son existence en prison… c'est normal". Puis il prononce lentement les sept noms des victimes et termine sa plaidoirie digne en citant Baudelaire : "Sois sage ô ma douleur/ Et tiens toi plus tranquille/ Tu réclamais le soir/ Il descend, le voici".

14h35.
L'avocat considère que l'on aurait pu arrêter plus tôt Fourniret s'il n'y avait pas eu "un ensemble d'occasions râtées, d'incuries, de fautes, de rendez-vous manqués". Me Blocquaux fait alors en creux le procès de la justice dans l'affaire. Il rappelle que la plainte de Jean-Pierre Laville liée à la disparition de sa fille Isabelle en 1987, a été à l'époque "classée sans suite" par le parquet d'Auxerre. Il rappelle que Fourniret, ancien condamné et rmiste qui possède un château, "ça n'évoque les soupçons de personne". Il rappelle que la plainte contre Fourniret du taulard Jean-Pierre Hellegouarch, qui soupçonne Fourniret d'avoir tué sa femme Farida pour lui dérober de l'argent, a elle aussi été classée sans suite en 1998.

14h30. Me Blocquaux explique que Michel Fourniret lui a dit avant qu'il prenne la parole :
"vous pouvez dire ce que bon vous semble pour servir ce que votre conscience vous dicte". Il rappelle que "quoi qu'il ait fait, c'est un homme que l'on juge, que ça plaise ou non". "Oui, monsieur Fourniret appartient à notre humanité, hélas!".

14h25.
Fourniret écoute, la tête légèrement penchée en arrière et les bras croisés. Pierre Blocquaux rappelle que pendant deux mois "épouvantables", ils ont été "non pas du côté, mais au côté de Michel Fourniret". Il rappelle "l'horreur de chaque crime" et leur "succession", comptant lentement jusqu'à sept, comme le nombre de meurtres reprochés à l'accusé.

14h15. L'audience commence.
Le batonnier Blocquaux prend la parole. "C'est quoi défendre Michel Fourniret?", demande-t-il en préambule. "A quoi servent des avocats contre un silence? A quoi ça sert de défendre quelqu'un qui ne veut pas être défendu car il s'estime indéfendable?".

14h. Début prévu de l'audience.
Des trois avocats commis d'office de Michel Fourniret, seul Me Pierre Blocquaux devrait plaider. A 60 ans, ce ténor du barreau ardennais a prévu de faire une intervention courte, moins d'une heure environ.

Depuis le début de l'affaire, le tueur en série présumé a toujours indiqué qu'il ne voulait pas être représenté à son procès. Le verdict étant entendu depuis longtemps selon lui - la prison à perpétuité - il avait refusé de prendre un avocat. C'est pourquoi ses défenseurs ont été commis d'office, et choisis parmi le barreau des Ardennes.

NB : l'avocat général Francis Nachbar a prévenu ce matin qu'il comptait s'adresser à la presse à l'issue de cette audience. Une pratique judiciaire rare, les débats étant théoriquement définitivement clos dès l'entrée en délibéré de la cour. A suivre donc…
A Charleville-Mézières, Bastien Bonnefous
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