La Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde) aurait pu être une coquille vide. L'écueil semble évité : trois ans après sa création, elle se montre, déjà, plutôt efficace. Les chiffres du rapport 2007, remis hier à Nicolas Sarkozy, sont parlants. Près de 6 222 réclamations ont été déposées, une augmentation de 53 % en un an. Sans doute le signe que l'institution a su gagner la confiance des Français, jusque-là résignés.
Un tiers des dossiers sont écartés, car la plupart d'entre eux ne relèvent pas de la compétence de l'Autorité. Et, dans près de 300 cas, un simple courrier signé la Halde et adressé au mis en cause (entreprise, école, agence immobilière...) a suffi pour que la discrimination cesse. « C'est la preuve que la Halde est devenue une vraie autorité morale », croit savoir un membre. Ensuite, parmi les 558 réclamations examinées l'an dernier - toutes les autres sont encore en pleine instruction -, l'institution a obtenu des suites positives pour les personnes discriminées dans 76 % des cas. « Les gens ont été réintégrés dans leur entreprise, ont acquis le logement en question ou ont, dans la majorité des cas, touché des indemnités allant jusqu'à plusieurs centaines de milliers d'euros », précise un responsable. C'est ce qui est arrivé récemment à un homme qui accusait son employeur de harcèlement homophobe.
Mais La Halde a ses limites : « Les deux tiers des Français ignorent son existence », de l'aveu même de Louis Schweitzer, son président, et le délai moyen de traitement d'un dossier a quasiment doublé depuis 2006, passant à plus de six mois.