POLEMIQUE – Le Sénat a adopté un texte permettant de regrouper «les élèves en fonction de leur sexe». Le ministère tente de rassurer...
Il aura fallu une semaine pour que la polémique monte d'un cran. Une semaine pour que le
nouvel arsenal de mesures censées combattre les discriminations (origine, âge, sexe, orientation sexuelle, santé et handicap...), définitivement adopté jeudi 15 mai par le Parlement, soit contesté par la FSU (syndicat d'enseignants) et la Ligue de défense des droits de l'Homme (LDH).
En cause, une disposition votée par le Sénat permettant d'organiser des enseignements «par regroupement d'élèves en fonction de leur sexe». Estimant que «la mixité à l'Ecole» est «mise en cause», le syndicat «exige son retrait». Dans son communiqué, la FSU «considère que cette décision rétrograde (…) remet gravement en cause l'organisation de notre système éducatif» et permettra «d'alimenter les écoles privées, parfois à caractère communautariste, qui auront tôt fait de s'emparer de ce texte pour se développer».
Même tonalité à la LDH qui, mercredi, estimait «prétendre protéger les filles par le retour au passé et par la ségrégation est absurde et inacceptable». «A quand des autobus et des wagons réservés aux femmes ?»
Education physique, enseignement de la sexualité
Ce texte transcrit en droit français des directives de l'Union européenne qui devaient accorder des garanties aux victimes de discriminations. L'UMP avait voté pour ce texte lors de l'ultime vote au Sénat, les socialistes s'étaient abstenus, dénonçant un «empilement de mesures» et une «transposition à la va-vite» qui «ne fait pas obstacle à l'organisation d'enseignements par regroupement des élèves en fonction de leur sexe».
Ce jeudi, le ministère de l'Education a tenté de rassurer: «Le principe organisateur de l'enseignement dans les établissements publics reste celui de la mixité.» «Les exceptions sont limitées aux stricts besoins de certains enseignements intervenant dans des contextes spécifiques», comme certains enseignements d'EPS et de l'enseignement de la sexualité.
Cette polémique vous a fait beaucoup réagir depuis l'ouverture du débat sur ce sujet. Vous pouvez continuer à en parler.
D'après agences