Les derniers doutes sont levés : Paris n'est plus assez grand pour Bertrand Delanoë. Le maire de la capitale, les yeux fixés sur la présidentielle de 2012, a posé hier le nouvel étage de la fusée conçue pour conquérir l'investiture socialiste.
L'étage en question est un livre d'entretiens, intitulé De l'audace (Robert Laffont). Son propos est effectivement hardi. Bernard Delanoë y plaide en faveur du libéralisme. Mais pas n'importe lequel. Pas celui « du désengagement de l'Etat et du laisser-faire économique », mais celui de « la tolérance devant les démarches individuelles ». Le libéralisme sauce Delanoë contient aussi des ingrédients de nature à faire tousser l'aile gauche du parti. A la question « Faut-il accepter la flexibilité de l'emploi ? », il répond : « Oui. »
Toujours pas candidat déclaré à la fonction de premier secrétaire, Bertrand Delanoë en est à compter ses supporters. D'anciens proches de DSK et Royal ont rejoint ses « listes de soutien ». Mais ses prises de guerre restent insuffisantes. « Il n'a pas de réseau constitué dans les fédérations, ce qui reste indispensable pour conquérir le PS », analyse Rémy Lefèbvre, chercheur au CNRS.
La force de Delanoë est ailleurs. Il est le politique le plus populaire de France. Mieux, il est devenu, depuis sa réélection à Paris, plus apprécié des sympathisants PS que Ségolène Royal. Selon Jérôme Saint-Marie, de l'institut de sondage BVA, « Delanoë plaît beaucoup plus que Royal aux catégories sociales supérieures. Il est jugé plus compétent. » La bataille est lancée.