«Rien n'est respecté au PS, ni le calendrier, ni les militants, ni aucune des décisions qui sont prises, c'est une véritable pétaudière.» Samedi, Jean-Christophe Cambadélis, député socialiste de Paris et proche de Dominique Strauss-Kahn, ne cachait pas son agacement. La cause: Ségolène Royal, qui venait de confirmer son intention de prendre la tête du PS tout en laissant entendre qu'elle se fixait comme objectif d'être candidate à la présidentielle en 2012.
Si cette candidature paraissait évidente, le moment choisi pour l'annoncer a surpris venant de celle qui disait il y a peu encore que le temps n'était pas venu. Cette forme de précipitation est peut-être une manière de répondre à la montée en puissance du maire de Paris, Bertrand Delanoë, qui doit sortir un livre cette semaine et sera sans doute très présent dans les médias.
Un face-à-face prématuré entre ces deux ténors du parti inquiète déjà. «On nous a fait Sarkozy-Royal, a expliqué hier sur Canal+ la maire de Lille, Martine Aubry. Il ne faudrait pas nous faire Royal-Delanoë. Tout le monde aurait à y perdre.» Histoire de ne pas laisser totalement le champ libre, DSK, actuellement à la tête du Fonds monétaire international, a fait savoir à ses amis lors d'un déjeuner samedi qu'il était «assez déterminé» à se porter lui aussi candidat en 2012.
Dimanche soir, François Hollande, premier secrétaire du parti, a appelé tous les responsables du PS à «respecter les temps» dans la préparation du congrès de novembre à Reims.