CRITIQUE - Le film de la cérémonie d'ouverture va provoquer un petit choc...
Certains voient mais ne voient pas. A elle seule, la voix off résume «Blindness», le film du Brésilien Fernando Meirelles, projeté en ouverture de Cannes et adapté du livre «L’aveuglement» de José Saramago, prix nobel de littérature en 1998. L’histoire d’une ville dont les habitants deviennent aveugles les uns après les autres sans savoir pourquoi. L’angoisse. Une seule femme (Julianne Moore, surprenante) voit toujours mais feint l’aveuglement pour suivre son mari (Mark Ruffalo) jusqu’alors ophtalmo dans un camp où l’on parque les «contaminés».
Les «contaminés», ce sont près de 150 figurants qui se sont entraînés à marcher comme de réels aveugles. Selon le coach du film, «il faut un minimum de 8h pour enseigner une cécité récente convaincante». «D’habitude, je suis toujours rousse, mais là, mes cheveux sont blonds pour coller avec le blanc que voient les aveugles et la surexposition» permanente des images, explique Julianne Moore lors de la conférence de presse ce mercredi midi.
Démocratie Vs tyrannie
Dans «Blindness», l’épidémie du «mal blanc» propage la panique et vice-versa. «On se croit si forts, si sophistiqués, et hop, un truc dérive et tout explose, dit le réalisateur. La civilisation ne tient qu’à un fil, mais l’homme est un primitif.» Tout dégénère autour des acteurs Mark Ruffalo, délégué élu du dortoir numéro 1 des aveugles, et Gael Garcia Bernal, fabuleux roi autoproclamé du dortoir numéro 3 à l’esprit limité. Celui-ci devient un pirate despotique qui exige bijoux et femmes à violer avant de donner au compte-goutte des cartons de nourriture aux autres. L’allégorie du politique qui s’amuse du pouvoir.
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