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Des commerçants du Vieux Lille en grève le 20 mai

La rue de la Monnaie, à Lille.
La rue de la Monnaie, à Lille./C. Dhalluin / 20 MINUTES

EXCLUSIF - Ils protestent contre la hausse des loyers commerciaux...

Lille a des problèmes de riches. Pour protester contre la spéculation immobilière, une partie des commerçants du Vieux-Lille ont prévu de baisser le rideau le mardi 20 mai. L’annonce n’est pas encore officielle, mais le constat est partagé. «L’explosion des loyers commerciaux menace la diversité et l’animation du centre-ville», explique Gilberto d’Annunzio, commerçant de la rue au Péterinck et à l’origine de l’initiative.

Loyers sextuplés

Alléchés par le nouveau statut de l’ex-capitale européenne de la culture, les investisseurs n’hésitent plus à sextupler les loyers en fin de bail. Jusqu’à mettre en danger la viabilité des boutiques. «Il ne faut pas rêver, ce ne sont pas des philanthropes», explique Jacques Mutez, conseiller délégué (PRG) au Commerce à Lille, qui recommande aux commerçants de «ne pas céder, quitte à aller en justice». C’est ce qu’a fait Olivier Maniglier, arrivé en 1992 dans le haut de la rue de la Monnaie. «A l’époque, ce n’était pas du tout un emplacement privilégié. Nous l’avons, avec d’autres, fait fructifier. Notre propriétaire voulait presque quadrupler le loyer à la fin du bail, il a perdu.»

«C’est la loi de l’offre et de la demande»

Car les propriétaires doivent prouver qu’il y a eu une amélioration de la «commercialité» des lieux. «L’accès au parking, la piétonisation, le flux de touristes étrangers, tout peu jouer», explique une spécialiste du secteur. Jusqu’ici, les tribunaux tranchent souvent en faveur des commerçants. «L’important c’est que personne ne cède, rapporte Eric Sagniez, patron de l’Union commerciale de la rue de la Monnaie. Evidemment, lorsqu’un opérateur téléphonique ou une banque accepte de payer un loyer démentiel, cela fait envie aux propriétaires environnants.»
Jacques Lammens, propriétaire rue de la Monnaie, se défend : «C’est la loi de l’offre et de la demande. L’important est que la rue gagne en qualité.» C’est aussi la grande peur: que seules des banques et des marques de luxe aient les moyens de se payer le Vieux-Lille. «On perdrait tout ce qui a fait le quartier», déplore Gilberto d’Annunzio.

Particuliers ou commerçants, vous avez vécu l'explosion des loyers dans le Vieux Lille ? Réagissez dans les commentaires ci-dessous
Olivier Aballain
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