Les langues régionales rêvent d’une reconnaissance officielle

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Publié le 7 mai 2008.

PARLEMENT – Le breton, le basque ou encore l’alsacien, l’Assemblée Nationale débat sur les langues régionales…

Dans une relative indifférence, les langues régionales s’invitent à l’Assemblée. Mercredi après-midi, les députés vont débattre durant quatre heures de l’opportunité de donner un statut aux langues régionales comme le breton, le basque, le catalan ou l’alsacien. Mais cette séance ne donnera lieu à aucun vote.
 
Les défenseurs des langues régionales espèrent pourtant une loi sur la question. Voire mieux, une révision de l’article 2 de la Constitution, qui stipule que «la langue de la République est le français».
 
«Cet intitulé est censé protéger le français de l’invasion de la langue anglaise, mais il a aussi été utilisé contre les langues régionales», déplore le linguiste Alain Dawson, auteur de l’Assimil sur le picard (aussi appelé ch’ti). En 1999, Jacques Chirac avait en effet bloqué la ratification de la Charte européenne des langues régionales en utilisant l’argument de l’article 2 de la Constitution.
 
«En finir avec un certain parisianisme»
 
Les élus des régions concernées, principalement la Bretagne, haussent le ton et demandent de vraies mesures. Dans une lettre adressée à François Fillon, Jean-Yves Le Drian, président socialiste de la région Bretagne, évoque des «blocages administratifs» qui ne permettent pas «le développement des langues régionales: non ouverture de classes, articulation école élémentaire et collège non organisée, crédits spécifiques en baisse».
 
Le député UMP Marc Le Fur, en pointe du combat, en appelle sur son blog à ses collègues de l’Assemblée: «Nous devons nous traiter en égaux et en finir avec l’ignorance des histoires locales, la suffisance d’un certain parisianisme, la condescendance, l’agressivité de ceux qui tolèrent un folklore, mais réprouvent l’expression d’une identité.»
 
Un premier pas timide
 
Lors de la campagne présidentielle, le candidat Sarkozy avait exprimé sa volonté «de réfléchir ensemble aux propositions très concrètes que l’on pourrait retenir pour sécuriser une fois pour toute la situation des langues régionales de France». Le débat à l’Assemblée de mercredi apparaît comme un premier pas timide, qui a au moins l’avantage de mettre le débat sur la place publique.
 
Pour quel enjeu exactement? «Il faut donner une visibilité officielle aux langues régionales, plaide le linguiste Alain Dawson. Ces langues sont considérées comme une affaire de droit privé, mais une langue qui n’a pas de reconnaissance publique, qui n’est pas enseignée, est une langue qui tend à disparaître»
Vincent Glad
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