MUSIQUE – Un documentaire espagnol révèle qu’il y a eu tricherie en 1968...
L'Eurovision, ses flonflons et ses chansons con-con, aurait été l'instrument de la machinerie géopolitique franquiste. Rien que ça. Selon un documentaire de la télévision espagnole, le dictateur Franco aurait acheté les votes en faveur de la chanteuse ibère, sortie victorieuse du concours en 1968.
Un journaliste de la TVE de l'époque, alors aux premières loges de ces grandes manœuvres, raconte que le triomphe de la chanson «La, la,la» devait plus à Franco qu'aux performances vocales de son interprète, Massiel: «Des responsables de la TVE et de maisons de disques voyageaient en Euroe, et proposaient de faire enregistrer des albums à des artistes locaux, ou achetaient les droits de séries (…), en échange des votes.» C'est que l'Espagne, isolée du reste de l'Europe par le régime de Franco, «avait grand besoin de remporter l'Eurovision, pour obtenir une reconnaissance».
Un vulgaire concours de chansonnettes
Quarante ans après, l'information aurait pu rester relativement anecdotique. Mais il en est un qui ne l'entend pas de cette oreille. Avisé de la supercherie, le candidat britannique Cliff Richard demande réparation et revendique la victoire. «J'ai vécu tant d'années avec l'étiquette de numéro 2 que cela serait formidable qu'un représentant officiel du concours me dise finalement: "Cliff, tu as gagné ce maudit truc"», a confié le chanteur malheureux au
«Guardian». Mais l'interprète de «Congratulations» va probablement devoir se faire une raison car Bjorn Erichsen, le directeur des programmes de l'Eurovision, a une toute autre vision de l'affaire: «Il ne s'agit pas de l'Otan, de l'Union européenne ou d'un sujet politiquement influent. Ce n'était après tout qu'un vulgaire concours de chansonnettes.»
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Nadia Daam