La presse française juge sévèrement la première année de Nicolas Sarkozy

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Publié le 6 mai 2008.

REVUE DE PRESSE - Bilan en demi-teinte pour les éditorialistes...

Les éditorialistes de la presse française jugent très sévèrement, ce mardi, la première année de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, évoquant le «mensonge», les «dégâts» et «l'échec» de l'«éternel candidat», qui a cru qu'il «suffirait d'être élu pour galvaniser la France».

Désamour des Français ?

«Arrivé à l'Elysée avec plus d'atouts que la plupart de ses prédécesseurs, le chef de l'Etat les a gâchés avec presque autant d'énergie qu'il avait mis à les obtenir», assène «Le Monde» dans son éditorial. Si Nicolas Sarkozy ne met pas à profit les années qui lui reste pour «réparer les dégâts», ajoute le quotidien du soir, «il porterait une lourde responsabilité. Celle d'avoir, une nouvelle fois, creusé le fossé entre le peuple et ses dirigeants.»

Une situation qui amène Pierre Laurent, dans «L'Humanité», à appeler à la résistance. «Le mensonge continue», écrit-il. «Il doit être dénoncé, démasqué, empêché autant qu'il est nécessaire. Il faut aussi agir plus fort. Et personne n'a inventé mieux que l'action unie.»

Chantal Didier, dans «L'Est républicain», s'interroge sur les raisons du désamour entre le président et les Français. «Le pays se serait-il choisi comme prince un enfant, de ceux qui cassent le jouet tant désiré? Ou les Français resteraient-ils ces Gaulois toujours prêts à hisser leur héros sur le pavois pour mieux le vilipender au premier retournement venu?»

Etre élu ne suffit pas

Pour Patrick Fluckiger, de «l'Alsace», «le reproche que l'on peut faire au président de la République est d'avoir cru, comme presque tous ses prédécesseurs, qu'il lui suffirait d'être élu pour galvaniser la France.»

Hubert Coudurier, dans «Le Télégramme», a lui aussi son explication. La «première erreur» de Sarkozy, estime-t-il, est d'avoir «laissé croire que la politique, par une rupture de comportement, était à nouveau capable de résoudre tous les problèmes.»

Quant à Olivier Picard, des «Dernières Nouvelles d'Alsace», il considère que «son échec - peut être provisoire - (le président) le doit surtout à une ambition sans boussole, en espérant qu'elle ne soit pas sans âme.»

Fort de ce constat, Gérard Noël souligne dans «La Liberté de l'Est» que «la question est de savoir désormais si Nicolas Sarkozy est en mesure de rebondir».

L'éternel candidat

Hervé Cannet, dans «La Nouvelle République du Centre ouest», semble en douter, observant que «l'éternel candidat n'a pas vraiment réussi à se glisser complètement dans la tunique élyséenne.»

Et si la majorité des éditorialistes concèdent que le quiquennat ne fait que commencer et que Nicolas Sarkozy peut encore faire ses preuves, ils n'en restent pas moins plutôt pessimistes.

Jacques Camus, dans «La République du Centre», promet ainsi au président quatre ans d'une «éprouvante course-poursuite sur un terrain mondialisé défavorable», tandis que Jean-Michel Helvig s'inquiète dans «La République des Pyrénées»: «Et s'il était déjà trop tard?»
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