Plus de 600 agents publics transférés à des opérateurs privés ou dans des filiales. La direction du Port autonome de Marseille (PAM) a présenté hier une ébauche d'application locale du plan de relance des ports qu'a initié l'Etat. Le gouvernement a déposé en avril un projet de loi qui prévoit de privatiser les activités de manutention sur les quais. Le texte doit bientôt être examiné au Parlement. « Notre projet peut donc encore évoluer, en fonction des modifications de la loi et des négociations avec les partenaires sociaux », note Guy Janin, directeur général du PAM. Pour le moment, la direction du Port propose de transférer au privé entre 640 et 710 de ses 1 500 agents. Plus de 200 personnes (grutiers, portiqueurs, dépanneurs) seraient transférées à des opérateurs privés distincts du Port. Seraient concernés : quatre terminaux conteneurs, dont trois à Fos, deux terminaux de vrac, le terminal fruitier et deux secteurs de réparation navale. L'objectif est de retrouver « l'unité de commandement », pour qu'une seule entreprise coordonne l'action des dockers et des portiqueurs. Les autres agents, plus de 400, seraient transférés à des sociétés de droit privé, filiales du Port. « Cela peut être des filiales à 100 % ou des associations avec d'autres opérateurs », souligne Guy Janin. La direction du PAM propose de transférer ainsi les agents travaillant sur le vrac liquide, notamment le pétrole, la maintenance des outils, grues et portiques, ainsi que certains services comme la gestion des gares passagers. En ligne de mire, surtout pour le pétrole : améliorer la « fiabilité », c'est-à-dire avoir moins de grèves. En quoi la filiale change-t-elle les choses ? « Cela peut faire comprendre aux agents qu'ils sont dans une entreprise, qu'il y a un intérêt commun, estime Guy Janin. Et filialiser une activité oblige à ce qu'elle soit en équilibre financier. »
Actuellement, le projet de loi prévoit une clause permettant le retour au port des agents publics jusqu'à cinq ans après leur transfert dans le privé. Les partenaires sociaux ont jusqu'au 31 octobre pour trouver des accords plus favorables, port par port.