Qu'il paraît loin, le temps où les Girondins avançaient masqués ! Revenus à deux points du leader lyonnais, grâce à leur succès dominical à Marseille (1-2), ils n'ont jamais semblé aussi proches de contester la hiérarchie qu'à deux journées de la fin du championnat. « Deux points, c'est beaucoup et peu à la fois, estime Laurent Blanc, l'entraîneur bordelais. Ce sera difficile, mais nous jouerons notre carte jusqu'au bout. Il faudrait que les Lyonnais commettent un faux pas et que nous réussissions un sans-faute. L'équipe qui montrera la plus grande sérénité l'emportera. »
Cette dernière réflexion apparaît comme un habile moyen d'augmenter un peu plus la pression sur les épaules rhodaniennes. En effet, au petit jeu de l'équipe la plus sereine, qui a le plus de chances de se distinguer ? Les Lyonnais, grandissimes favoris de la Ligue 1, qui ont vu leur avance sur Bordeaux fondre de sept longueurs en cinq journées, et s'apprêtent à recevoir des Nancéiens (3es) aux dents longues ? Ou les Girondins, qui ont déjà atteint leur objectif (la qualification en Ligue des champions), ont remporté cinq de leurs six derniers matchs, et accueilleront le week-end prochain des Sochaliens (13es) en roue libre ? « On aura une belle carte à jouer », glisse le héros du Vélodrome, Pierre Ducasse. En attendant le verdict du terrain, le président bordelais, Jean-Louis Triaud, savoure lui aussi cette position d'outsiders : « Ce qui est bien, c'est qu'on entretient le rêve. »