La pression retombe, pas l'attention. Inquiets pour leur avenir depuis plusieurs mois, les salariés de Kronenbourg se disent plus confiants à la suite du rachat mercredi de leur société par le danois Carlsberg. Celui-ci s'est opéré dans le cadre d'une OPA avec Heineken sur le groupe Scottish & Newcastle. Le Scandinave escompte, notamment, augmenter de 40 millions d'euros en trois ans la rentabilité de la brasserie alsacienne en créant de nouvelles boissons et en développant ses ventes à l'étranger. Si Kronenbourg est leader en France avec un chiffre d'affaires de 855 millions d'euros en 2006 pour un bénéfice de 71 millions d'euros, elle souffre depuis quelques années de la crise du marché de la bière.
« Après une longue attente due à l'OPA, durant laquelle on ne savait pas trop ce qui allait se passer, on se sent maintenant soulagé, a confié ce week-end à 20 Minutes André Thillard, délégué central CGT du brasseur. Carlsberg est venu avec un certain nombre de points positifs. » Entre autres : faire du site d'Obernai une usine phare, garder un centre de recherche brassicole dans la région et maintenir les emplois. Pour autant, des craintes demeurent du côté des salariés. « Pour rendre la brasserie plus rentable, Carlsberg va devoir faire des économies et peut-être opérer des synergies avec ses autres sites, explique André Thillard. Or, nous n'en savons rien pour le moment. » Selon lui, le brasseur danois apportera ses premières réponses en septembre, au terme d'une analyse de la société Kronenbourg. D'ici là, précise-t-il, « nous restons vigilants ».