C'est officiel. Le passeport biométrique nouvelle génération a été lancé hier par un décret paru au Journal officiel. Contenant une photo numérique et les empreintes digitales de son détenteur, il est appelé à succéder aux six millions de passeports électroniques fabriqués depuis avril 2006.
Ce nouveau document administratif sera mis en place progressivement. Pour l'heure, le ministère de l'Intérieur s'apprête à choisir le fabricant des machines qui produiront et enregistreront photos et empreintes digitales numérisées pour la puce des passeports. Cinq départements tests (Nord, Oise, Aube, Gironde et Loire-Atlantique) accueilleront les premières machines à l'automne 2008. En juin 2009, deux mille mairies, soit une vingtaine par département, seront équipées.
La généralisation de ce type de passeports, qui correspond aux normes de l'Aviation civile internationale, est réclamée par les Etats-Unis depuis les attentats du 11 septembre 2001.
Aux yeux de l'administration Bush, l'Europe a pris du retard. Dans un premier texte, la Commission européenne avait prévu que les empreintes digitales seraient facultatives, au grand dam des Américains. Elle les a par la suite rendues obligatoires sous la pression de quelques Etats membres dont la France, l'Allemagne et l'Italie, affirme l'ONG Statewatch.
Si le passeport biométrique rassure les Etats-Unis, il inquiète les photographes français. Ils estiment que 15 % à 25 % de leur chiffre d'affaires et des milliers d'emplois sont menacés.