Darcos joue les parents contre les syndicats. Le ministre de l'Education nationale a relancé ce week-end la polémique sur le service minimum à l'école, en annonçant samedi qu'il compte poursuivre l'expérimentation de ce dispositif le 15 mai, jour de grève des enseignants dans le primaire. Xavier Darcos a lancé cette bombe scolaire à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) en clôture du congrès de la Peep, fédération de parents d'élèves largement acquise à sa cause.
Une première expérimentation du service minimum avait été menée lors de la précédente journée de grève unitaire le 24 janvier. Elle n'avait concerné que 2 000 communes, où des agents municipaux avaient été payés pour garder les enfants, via les retenues sur salaire des profs grévistes. A l'époque, Xavier Darcos avait promis la recherche d'un « accord » avec les syndicats ; or selon ces derniers, rien n'a été fait depuis trois mois. « Le ministre ne tient pas ses engagements. Il n'y a pas eu l'ombre d'une discussion sur le sujet », a déclaré samedi l'Unsa. De son côté, le SNUipp-FSU, majoritaire dans le primaire, a accusé Xavier Darcos de « remettre en cause le droit de grève ».
Seule la Peep a salué l'annonce, estimant que Xavier Darcos « montre sa ferme détermination à mener les réformes ». Des parents d'élèves fortement choyés samedi par le ministre. Lequel a affirmé sa volonté de « restaurer » la place des familles dans l'école, notamment dans l'élaboration des programmes. « L'avenir de nos enfants est trop important pour l'abandonner aux idéologues et aux pédagogistes », a-t-il asséné.