La commission de discipline de la Ligue de Football Professionnelle a tranché mercredi peu après 20 heures: l'affaire de la banderole anti ch'tis déployée au Stade de France en finale de la Coupe de la Ligue coûte au PSG son exclusion de la prochaine édition de cette compétition. Le PSG ne pourra donc pas défendre son titre en 2009.
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Cela faisait 20 jours que la commission planchait et la décision était attendue avec impatience. Un communiqué du club est aussitôt tombé : «Tout en condamnant à nouveau cette banderole, le Paris Saint-Germain se déclare profondément choqué par le principe même de cette sanction qui occulte la réalité des responsabilités dans cette affaire.» Le PSG a laissé entendre qu'il utiliserait tous les recours pour contester cette décision. Même s'il échappe à la pire des sanctions dans sa situation de relégable -le retrait de points- le club devrait faire appel devant la Commission supérieure d'appel de la Fédération (FFF).
Bastia fulmine
En première ligne du front des mécontents, le député-maire PS de Lens, Guy Delcourt. «Il ne fallait pas toucher au “soldat PSG”. La Ligue, c'est un consensus général avec un semblant de règlement, on fait ça en famille. Il faut mettre un peu d'ordre dans le système», a-t-il fustigé. Principale victime de cette banderole, le RC Lens n’a pas souhaité s’exprimer.
Un autre club est par contre en colère et le fait savoir. «Ça ne me fait plus rire du tout. Enlever des points pour tout le monde, oui. Malheureusement, ce n'est que pour Bastia», a déploré Pierre-Paul Antonetti, le président du directoire du club de Ligue 2. Bastia avait été condamné le 18 avril à deux points de pénalité au classement, non par la commission de discipline de la Ligue, mais par la Commission supérieure d'appel de la Fédération (FFF) après le déploiement par des supporters corses de la banderole «Kébé, on n'est pas racistes. La preuve, on t'encule», lors du match Bastia-Libourne/Saint-Seurin, le 22 février.
Le club corse avait déjà été sanctionné d'un point de pénalité lors du match aller entre les deux formations, en Gironde le 14 septembre dernier car ses supporters avaient insulté le même joueur. Dans une autre affaire, les injures racistes dont a été victime le Valenciennois, Abdeslam Ouaddou, face à Metz, le club lorrain avait pris un point de suspension avant que la Ligue n'annule la sanction.
Toulouse fair play
«Je suis satisfait que des points n'aient pas été retirés à Paris car cela est préférable pour l'équité sportive avant le match de samedi», a déclaré Olivier Sadran, deux jours avant la réception de l'équipe parisienne au Stadium de Toulouse dans un match entre deux équipes qui luttent pour leur maintien en Ligue 1.
France Télé regrette
Sans aborder l'aspect sportif de l'affaire, Daniel Bilalian, le directeur des sports de France Télévisions, a regretté l’exclusion du PSG d’une des compétitions que sa chaîne diffuse. «C'est une décision qui pénalise la compétition et son organisateur la Ligue de football professionnel (LFP), et pénalise aussi son diffuseur puisque tout le monde sait que le PSG fait partie des trois ou quatre équipes françaises qui font l'adhésion du public et fédèrent une audience importante.»
Du côté de la LFP, on s'est au contraire réjoui. «La décision est très lourde, extrêmement pénalisante pour le club qui ne pourra pas défendre son titre, perd une chance pour la Coupe de l'UEFA et des rentrées financières substantielles: l'exclusion est tout sauf anodine», a expliqué Jean-Pierre Hugues, directeur général de la LFP. «Chaque cas est spécifique», a-t-il précisé concernant la comparaison avec les affaires précédentes ayant concerné Bastia. La LFP avait fait appel de la décision de sa commission de discipline dans l'affaire de la banderole de Bastia alors qu'elle ne devrait pas le faire dans le cas du PSG.
Même analyse du côté de la Ligue contre le racisme et l'antisémitisme (Licra). «Nous sommes satisfaits. C'est une mesure qui n'avait pas encore été prise. On n'avait connu jusque-là que des retraits de points et des matches à huis clos», a estimé Carine Bloch, vice-présidente de la Ligue. «Ça complète les sanctions prises à l'encontre de leurs supporters avec la dissolution des Boulogne Boys et des poursuites pénales individuelles.»