3 QUESTIONS A – Gilles Moindrot, secrétaire général du SNUipp-FSU, critique la réforme de l’enseignement primaire, présentée mardi par Xavier Darcos…
Gilles Moindrot, secrétaire général du
SNUipp-FSU, critique la
réforme de l’enseignement primaire, présentée ce mardi par Xavier Darcos.
Que pensez-vous des nouveaux programmes du primaire, présenté mardi par Xavier Darcos?
Je trouve ce projet contradictoire: d’un côté le ministre réduit le volume horaire des emplois du temps, de l’autre, il alourdit les programmes. D’où notre interrogation: ces programmes sont-ils faisables? Selon nous, les orientations générales de ce texte sont passéistes et ne permettront pas une élévation du niveau scolaire.
>> A lire, sur le même sujet, une personne favorable à ces nouveaux programmes.
Qu’entendez-vous par un alourdissement des programmes?
Le ministre ajoute des matières à étudier sans changer, à une demi-heure près, le volume horaire des matières principales, comme le français et les mathématiques qui comptaient déjà environ 8h et 5h de cours par semaine. Pour cela, Xavier Darcos rogne sur d’autres matières pourtant importantes, comme l’histoire-géo et les sciences, qui passent respectivement de 3h30 et 3h à un peu plus de 2h par semaine. Nous comprenons donc les profs qui sont déstabilisés par ces programmes, pour eux, il va falloir travailler plus, pour apprendre autant, en moins d’heure pour étudier. Il vaudrait mieux respecter le rythme d’apprentissage de l’élève, sur lequel des études ont été menées. Nous avons fait part des points de désaccord au ministre et ils seront au menu de la grève du 15 mai.
Les programmes ont été modifiés en 2002 puis en 2007… Comment évalue-t-on la durée de vie et la réussite d’un programme scolaire?
Il n’y a pas eu d’étude sur les programmes de 2002, décriés aujourd’hui par Xavier Darcos. D’une manière générale, pour évaluer un nouveau programme, il serait nécessaire de laisser courir ces programmes sur toute la scolarité des élèves, soit sept années si on compte la maternelle plus la primaire.
Propos recueillis par Sandrine Cochard