L'auteur d'une des gifles les plus médiatiques de l'histoire - François Bayrou, en 2002 à Strasbourg - s'est imposé en présidentiable, en partie grâce à son geste. Un comble! La plupart de nos voisins européens - chez qui gifles, fessées et autres tapes sont illégales (lire ci-dessous) - ont dû en rester cois. C'est cette exception française qui a donné naissance à la Journée de la non-violence éducative, organisée demain par la Maison de l'enfant pour la cinquième année.
Et vous, qu'en pensez-vous? Vous êtes plutôt pour ou contre la fessée? Dites-le nous ci-dessous...
Il faut dire que 84% des parents français disent punir parfois leurs bambins du plat de la main, et ce impunément: les textes de loi parlent d'«un droit "raisonnable" de correction corporelle au profit des parents» («mais pas des enseignants»). Et il y a peu de chances que les mentalités changent: seuls 34% des parents sont pour l'interdiction de la fessée, selon un sondage réalisé en décembre dernier par l'Union des familles en Europe. Même la défenseure des enfants affirme que cette question «n'est pas encore la priorité».
Alors pourquoi cette spécificité française? Pour Olivier Maurel, fondateur de l'Observatoire de la violence éducative ordinaire et auteur de «La Fessée» (éd. La Plage), «ceux qui ont eux-mêmes été fessés dans leur enfance ont du mal à remettre en cause cette forme de violence», ce qui serait «le signe d'un traumatisme qui les a insensibilisés». Philippe Jeammet, professeur de pédopsychiatrie à Paris-V et auteur de «Pour nos ados, soyons adultes» (Odile Jacob), estime, lui, que «l'Etat français fait probablement davantage confiance aux parents», et que la France, «dotée de bon sens», n'a pas succombé à «l'effet de mode» européen selon lequel «une gifle est un châtiment corporel et non une simple réaction spontanée destinée à poser les limites dont l'enfant a besoin». Plus qu'un goût délibéré pour la trique, l'esprit de contradiction distinguerait la France de ses voisins. Nos bambins n'ont qu'à bien se tenir.