JO- Directeur de la préparation olympique et paralympique (POP), Fabien Canu possède œil averti sur les chances de médailles françaises à Pékin...
Directeur de la préparation olympique et paralympique (POP), Fabien Canu possède un œil averti sur les chances de médailles françaises à Pékin. Pour 20minutes.fr, il dresse l'état des lieux de la préparation des athlètes français.
«Quel est l’objectif de médailles fixé pour ces Jeux ?
Entre 30 et 40. Sachant qu’on espère vraiment être dans le haut de la fourchette. 30, c’est le minimum. On peut atteindre 40 si tout nous sourit. Mais plus que le nombre de médailles, c’est le classement de la France qui compte. L’objectif fixé par Bernard Laporte est de conforter notre 7e place mondiale.
Pourtant depuis 1996, la France est passée de la 5e à la 7e place…
Oui, on a reculé. Mais c’est assez paradoxal. A Sydney, on est moins bien classés qu’à Atlanta avec plus de médailles (37 contre 38). L’essentiel est de se stabiliser, voire progresser. Pour cela, on a fixé un contrat minimum avec chaque fédération. Pour le judo, la natation, le canoë, le cyclisme ou la voile, c’est trois, quatre médailles. Si on en gagne plus tant mieux. De toute façon, dans tous les sports, on a toujours quelques belles surprises.
On ne veut plus reculer, mais qu’est ce qui peut nous donner des raisons d’espérer?
Les athlètes sont de mieux en mieux préparés. Avant, on pensait aux Jeux l’année précédente. Maintenant, la préparation s’étale sur trois, voire quatre ans. Dès que la page Pékin sera tournée, on pensera à Londres. Il n’y a plus de temps d’arrêt. Les athlètes sont disponibles en permanence. Plus professionnels.
Beaucoup d’athlètes sont à l’étranger ou envisagent d’y aller. On s’y prépare mieux qu’en France?
La France a besoin de remettre son sport de haut niveau au goût du jour. L’exemple concret, c’est l’Insep. Aux Jeux, il fournit deux tiers des médailles. Le plan de rénovation activé par Jean-François Lamour, outil indispensable pour notre haut niveau, prendra fin en 2010. On n’est pas dans la surdimension chinoise (taille des infrastructures, moyens financiers…), mais en terme de concentration de médailles, on peut dire que c’est presque ce qui se fait de mieux au monde.
En quoi la préparation pour les Jeux de Pékin est-elle différente des autres?
Par rapport à la pollution, les athlètes ont reçu des consignes médicales. Certains sont asthmatiques et ils doivent s’y préparer. Mais le problème principal, c’est la chaleur et l’humidité. On a réalisé des études et les athlètes pourront utiliser des «gilets de froid». Sinon, pour s’adapter aux conditions, les deux tiers des Français effectueront leur dernier stage en Asie. Soit en Chine, comme les nageurs à Dalian, soit en Corée ou au Japon. Le but étant d’arriver le jour J dans les meilleures conditions.»
Propos recueillis par Romain Scotto