Un Nicolas Sarkozy plus «humble» sur la forme, mais sur le fond?

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Publié le 25 avril 2008.

REVUE DE PRESSE - Les édiorialistes s'interrogent sur le changement de ton du Président...

La presse quotidienne de vendredi, soulignant un discours par trop répétitif, a toutefois remarqué le changement de ton, l'humilité de Nicolas Sarkozy, «des faiblesses inhabituelles», lors de son intervention télévisée.

La plupart des éditorialistes ont constaté qu'un an après son élection, le message renvoyé par les Français, via les instituts de sondages au chef de l'Etat avait touché sa cible. «Les propos forts et responsables tenus par le président à l'égard de la Chine ne pouvaient que confirmer cette évolution plus conforme à l'idée qu'a une majorité de Français du magistère présidentiel», écrit Etienne Mougeotte dans «Le Figaro».

Il a «abandonné le style d'avocat gouailleur»

«Habit neuf. Le ton a changé. Mais le fond? Nicolas Sarkozy a en partie abandonné le style d’avocat gouailleur et péremptoire dont il était si content et qui lui a fait tant de mal depuis dix mois (...) Le plaidoyer soudain plus humble du Président change un peu le décor. La pièce, elle, reste rigoureusement la même», lui rétorque Laurent Joffrin dans «Libération».

Pascal Aubert, dans la «Tribune», a vu un président de la République qui a beaucoup expliqué, hier soir. «Trop peut-être (...) car le désir d'être complet, clair, pédagogique, de n'esquiver aucune question délicate ou embarrassante a laissé un sentiment de profusion proche de la confusion», écrit-il.

«Nouveau? Pas tant que ça»

Même tonalité pour la presse régionale. «Nicolas Sarkozy, pour mieux envisager l'avenir, s'est soumis hier soir, souvent humblement et en reconnaissant d'emblée ses erreurs», souligne Didier Pobel («Le Dauphiné Libéré»).

Pour Françis Laffon («L'Alsace») il fallait «soigner le mal par le mal!». «Le chef de l'Etat a voulu signifier sa métamorphose - moins d'attirance pour les paillettes et les caméras - à travers une longue intervention... télévisée. Voici donc le nouveau... nouveau Sarkozy, lui qui a changé souvent de style. Nouveau? Pas tant que ça. Désormais, le président se veut humble», constate Francis Laffon.

«Un discours à peu près cohérent»

Dans la «République des Pyrénées», Jean-Marcel Bouguereau, s'interroge cependant: «Fallait-il vraiment infliger à la France 90 minutes de discours répétitifs parce que Nicolas Sarkozy dévisse dans les sondages et même dans le cœur des Français qui ont voté pour lui ?». «Que reste-t-il de cette heure et demie ? Un discours à peu près cohérent sur l'immigration, sur l'enseignement, sur sa tactique envers la Chine avant les Jeux Olympiques», poursuit-il.

«Pas de scoop, pas de coup, pas de montre ostentatoire, pas d'annonce fracassante: retenue, sobriété, détermination. Voilà donc le Sarkozy nouveau à l'aube de l'an II de son quinquennat», prédit Philippe Noireaux («L'Yonne Républicaine»).
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