Nicolas Sarkozy «dispose de 90 minutes pour donner enfin le tempo»

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Publié le 24 avril 2008.

REVUE DE PRESSE - Les éditorialistes attendent le Président au tournant...

Les éditorialistes de la presse française, globalement déçus par le «gâchis» de la première année à l'Elysée de Nicolas Sarkozy, attendent du président de la République qu'il donne «enfin le tempo» de son action politique lors de son interview télévisée ce jeudi soir.

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«Il devra expliquer sa politique et fixer les prochaines étapes, redonner une cohérence et un ordre de priorités, sans courir tous les lièvres à la fois», estime Dominique Quinio dans «La Croix». «La confiance, comme la croissance, ne se (re)conquiert pas aisément!»

Si la confiance est mise à mal, assure Michel Lepinay dans «Paris-Normandie», c'est parce que Nicolas Sarkozy a «réussi à noyer ses projets dans un tel tumulte, qu'au terme d'un an à peine, tout le monde n'a retenu que la valse folle des promesses, annonces, contradictions et démentis. Bref il dispose de 90 minutes pour donner enfin le tempo, elles ne seront pas de trop.»

«Il doit parler vrai sans artifice»

La presse attend aussi, de la part du Président, de l'honnêteté et de la franchise, à l'instar de Bernard Revel, dans «L'Indépendant du Midi», pour qui, «ce soir, il ne saurait être question (...) de rassurer coûte que coûte, de cacher les difficultés, de dire ce qu'il ne pourra faire». «Il doit parler vrai, sans artifice, reconnaître ses erreurs et ses empressements», ajoute en écho Philippe Palat, dans le «Midi Libre».

«Le Président tiendra-t-il compte des messages répétés que l’opinion lui a adressés depuis le début de l’année?», s'interroge pour sa part Laurent Joffrin dans «Libération». «Il ne suffit pas, en effet, d’amender le style pour que l’homme soit de nouveau légitimé. Il faut aussi comprendre le pays.»

«Un an avec Sarko, c'est déjà trop»

Paul-Henri du Limbert, dans «Le Figaro», croit quant à lui aux vertus du temps. «Nicolas Sarkozy doit convaincre (...) que pour transformer le pays il faut de la volonté mais aussi du temps», écrit-il. «La “rupture» se fait en cinq ans, pas en douze mois.»

Pour Jean-Paul Piérot, dans «l'Humanité», interview ou pas, «la majorité des Français en est déjà arrivée à la conclusion: “Un an avec Sarko, c'est déjà trop”.»


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