« Le port n'est pas à vendre », indiquent les banderoles. De grosses perturbations ont touché hier les Ports autonomes de Marseille, Le Havre, Bordeaux, La Rochelle, Nantes. Les manutentionnaires faisaient grève contre la réforme des ports examinée au même moment en Conseil des ministres.
Ce projet de loi vise à faire passer sous statut privé les grutiers et portiqueurs qui travaillent sur les ports, à l'instar des dockers en 1992. Une privatisation dénoncée par les syndicats comme « un gros cadeau » offert au patronat et qui leur fait craindre la rationalisation de postes à venir. Ce que conteste le gouvernement : « Ce plan n'a pas vocation à faire de la régression sociale, il n'a aucune ambition idéologique, il vise à relancer nos ports et à y créer à terme 30 000 emplois », a déclaré hier le secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Bussereau.
A Marseille, un millier de manutentionnaires ont bloqué dès l'aube le siège de l'armateur CMA CGM, présent sur le port et principal bénéficiaire selon eux de la nouvelle donne. La grève a également entraîné l'arrêt de la manutention au Havre et à Bordeaux. En revanche, les activités passagers n'ont pas été touchées. Sur chaque site, les grévistes n'ont pas caché leur intention de durcir le conflit si la situation perdurait. La loi doit être débattue au Parlement à partir de la mi-mai, et elle donne aux syndicats et au patronat jusqu'à fin octobre pour trouver un « accord-cadre » sur ce changement de statut.