Un président pas à la hauteur. Pour un homme comme Sarkozy qui complexe sur sa taille, il n'y a pas pire reproche que cette expression qui revient dans la bouche des Français interrogés sur sa première année de mandat. Son intervention télévisée de ce soir sur TF1 et France 2 est donc l'occasion pour lui de redresser son image et de reprendre la main alors qu'il est en chute dans les sondages, au point de détenir le record d'impopularité sous la Ve République.
Au sein de la majorité, on a formaté le discours: «C'est le moment de mettre les réformes en perspective», explique Roger Karoutchi, secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement, qui ne nie pas que l'enjeu est de taille à deux mois du début de la présidence française de l'Union européenne. «Il va falloir convaincre», redoute un responsable de l'UMP, faisant notamment référence au pouvoir d'achat symbole de l'échec de la politique présidentielle, pour l'opposition.
Pouvoir d'achat
Après avoir présenté les réformes réalisées (service minimum dans les transports, immigration, justice, régimes spéciaux...), certaines étant critiquées jusque dans son camp, Nicolas Sarkozy devrait s'appliquer à faire la pédagogie de celles à venir: institutions, réforme de l'hôpital, santé, revenu de solidarité active, environnement, modernisation du marché du travail, défense... Les sujets sont nombreux et il n'y aura pas assez de deux heures pour en faire le tour.
Conscient de l'enjeu alors que la grogne monte dans son propre camp, le chef de l'Etat se prépare activement à cette émission, et a dans ce but allégé son agenda de début de semaine.