«Il n'y aura pas de vague de régularisation massive»

Publié le 22 avril 2008.

SOCIAL – Le ministère de l’Immigration assure que les préfectures ne régulariseront qu'au «cas par cas»…

«Nous avons pas mal avancé, on a peut-être devant nous une sortie de crise.» La CGT se félicitait des avancées lundi soir en sortant d'une réunion au ministère de l’Immigration sur le dossier des travailleurs sans-papiers. Mais le nombre des éventuelles régularisations reste un mystère.

Les services de Brice Hortefeux ne s’acheminent pas vers une régularisation massive des sans-papiers travaillant dans des secteurs comme la restauration ou le BTP mais seulement d'une régularisation «au cas par cas» à l'appréciation des préfets dans des conditions strictes.

Des postes très qualifiés

«Ce n’est pas mécanique les régularisations», précise à «20 Minutes» Thierry Coudert, directeur de cabinet de Brice Hortefeux. «Les préfets verront si les dossiers, qui leur seront transmis mercredi, collent à l'esprit de la circulaire». Dans cette circulaire, le ministère précise la trentaine de métiers concernés par d'éventuelles régularisations, des postes très qualifiés, loin de ceux occupés par les sans-papiers-grévistes: informaticien expert, géomètre, dessinateur du BTP...

>> «20 Minutes» s'est procuré la circulaire. Vous pouvez la télécharger en PDF...


Le ministère pose par ailleurs quatre conditions pour la régularisation: «Il faut que le sans-papier ait un contrat ferme, d’un an minimum, dans un secteur sous tension, et un profil intégré. Qu’il réponde à un vrai besoin de l’entreprise et qu’il parle Français.», déclare le chef de cabinet d'Hortefeux.

«La régularisation d’un clandestin, c’est une exception»

«Il n’y aura pas de brèche ouverte, pas de vague de régularisation massive. La régularisation d’un clandestin, c’est une exception, pas un droit. Il n’y a pas de guichet», conclut Thierry Coudert. Et le ministère d’indiquer qu’il ne sera «ni permissif ni adjudant-chef», assurant que les dossiers des sans-papiers grévistes seront examinées en préfecture «au cas par cas».

Qu'en sera t-il pour les sans-papiers employés dans le BTP ou la restauration, qui ne sont pas concernés par la circulaire? Impossible de le dire pour l'instant. Malgré les déclarations du chef de cabinet de Brice Hortefeux, le gouvernement fera peut-être un geste politique pour mettre fin au mouvement.

La CGT pas prête à stopper le mouvement

Le mouvement des sans-papiers qui dure depuis une semaine ne faiblit pas. Lundi, ils étaient plus de 500 à se mobiliser, dont neuf salariés d’un restaurant de Neuilly où Nicolas Sarkozy avait ses habitudes. Face à ce mouvement très médiatisé, le ministère de l’Immigration a fini par prendre ses responsabilités.

La CGT a assuré que les piquets de grève resteraient en place «jusqu'à ce qu'on ait la certitude que l'examen des dossiers avance bien dans les préfectures».
Vincent Glad avec Laure de Charette
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