L'incompréhension et la consternation règnent à Colomiers, après l'incendie criminel qui a sérieusement endommagé, hier matin, la mosquée de la commune. Les pompiers ont été prévenus vers 5 h 30 par les fidèles venus pour la prière de 6 h. Le feu a été allumé dans le hall ravagé par les flammes. La fumée a noirci jusqu'aux murs de la salle de prière. Les incendiaires ont aussi saccagé les miroirs et lavabos de la salle d'ablutions. « La piste criminelle est sûre puisqu'on a relevé des traces d'hydrocarbure », indiquait, en début d'après-midi, Marc Terrail, le commandant de police de Colomiers.
Fidèles et élus ont défilé toute la journée sur ce site isolé dans la zone industrielle du Pahin. « Ça me fait mal parce que nous sommes tranquilles, nous ne faisons de mal à personne », sanglotait un habitué. « C'est un acte abominable », a confié Amir Amoqrane, le secrétaire général de l'association de la communauté musulmane de Colomiers. Le maire (PS) Bernard Sicard a, de son côté, dénoncé « un acte grave et incompris, dans une ville où les communautés religieuses vivent dans la fraternité ». Pour preuve : le pasteur protestant de la ville et Pierre Desrozier, le curé catholique de la paroisse, sont venus, hier, apporter leur soutien. La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a fait part de son « indignation » et a assuré l'ensemble de la communauté musulmane de France de sa « solidarité ». Le préfet se rend sur les lieux ce matin.