DROIT - Le ministre du Travail Xavier Bertrand évoque des examen «au cas par cas»...
La polémique et les soutiens enflent pour les
sans-papiers grévistes. Alors que désormais plus de 500 sans-papiers sont en grève pour exiger une régularisation, le député socialiste de Paris Jean-Christophe Cambadélis prend leur défense. Il a annoncé dimanche avoir écrit à ses collègues parlementaires «pour proposer une action de solidarité avec les sans-papiers grévistes».
«Travailleurs salariés, ils manifestent pour obtenir des papiers, écrit dans un communiqué le député strauss-kahnien. Si ce n'est pas l'immigration choisie», poursuit-il en allusion au thème défendu par Nicolas Sarkozy, «ils ont été choisis par des employeurs, ils doivent donc être régularisés. C'est à nous, parlementaires, d'agir», conclut-il.
Les soutiens se multiplient
Un appel à la solidarité relayé, dès dimanche, par la Ligue des droits de l'homme. La LDH a lancé un appel à «manifester la solidarité la plus large» pour que les sans-papiers grévistes soient régularisés.
La fédération Sud-Rail aussi «soutient sans réserve l'action des travailleurs sans papiers actuellement en lutte» et exige leur régularisation, «ainsi que celle de l'ensemble des sans-papiers vivant en France», dans un communiqué publié dimanche.
Un examen au cas par cas
De leur côté, l’association Droits Devant! et la CGT ont interpellé le ministre du Travail, Xavier Bertrand. Ils estiment que ce dernier est le «seul et unique interlocuteur» pour le mouvement de grève des travailleurs sans-papiers. «Ce n'est pas une histoire d'immigration, de répression (qui serait du ressort du ministre de l'Immigration Brice Hortefeux, ndlr), c'est d'abord une histoire de travailleurs, de droit du travail. Il y a le mot “travailleur” avant le mot “sans-papiers”», a-t-il ajouté.
En réponse, le ministre a répondu
a renvoyé aux préfets l'examen «au cas par cas» de la situation des travailleurs salariés sans papiers, saluant la politique «d'immigration maîtrisée» du gouvernement, dimanche sur Canal +.
Un restaurant chic de Neuilly occupé
Selon Droits Devant! et la CGT, quelque 530 sans-papiers sont désormais en grève. Quinze sites en Ile-de-France étaient concernés dimanche. Dernière action en date : samedi, neuf salariés d'un restaurant de l'Ile-de-la-Jatte, à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), ont rejoint le mouvement.
Outre les secteurs de la restauration, de la sécurité ou du BTP, Jean-Claude Amara, porte-parole de l’association Droits Devant!, a expliqué que des dizaines de salariés sans-papiers du nettoyage avaient grossi depuis cinq jours les rangs des grévistes, sur un piquet installé à la fédération des entreprises de propreté à Villejuif (Val-de-Marne).
C. L. avec agence