Le gouvernement l'avait spécifié mercredi soir, la baisse des allocations familiales servira à financer d'autres mesures en faveur des familles, en l'occurrence l'aide à la garde d'enfants. Sauf qu'il reste encore des zones d'ombre. Et des millions manquants dans le tour de passe-passe budgétaire.
La baisse des allocations familiales est due à une nouvelle majoration unique de 59,57 euros quand l'enfant atteint 14 ans, au lieu de l'ancien système, qui prévoyait une première hausse de 33,51 euros à 11 ans, portée à 59,57 euros à 16 ans. Cette nouveauté doit permettre à l'Etat une économie de 138 millions d'euros par an.
En contrepartie, le complément d'« allocation de libre choix » du mode de garde d'enfants sera augmenté d'environ 50 euros au 1er mai pour 60 000 familles modestes (sur les 500 000 qui touchent cette prestation versée sous conditions de ressources pour faire garder son enfant par une assistante maternelle). Le complément passera de 378,49 euros à 428,76 euros pour un enfant de moins de 3 ans et de 189,25 à 214,39 euros pour un enfant de 3 à 6 ans, ce qui rapprochera pour ces familles le coût d'une assistante maternelle de celui de la crèche collective.
Au total, ce redéploiement devrait coûter 40 millions d'euros par an, selon le secrétariat d'Etat à la Famille, qui a refusé de répondre à nos questions hier. On est donc loin des 138 millions économisés au grand dam de l'Union nationale des associations familiales, qui souhaitait que « l'intégralité des économies soient reversées pour la garde d'enfants ».