Les rangs de mécontents ont encore un peu gonflé hier, malgré la lassitude attendue pour la sixième journée de mobilisation en trois semaines. Le cortège composé d'enseignants, de parents d'élèves et de lycéens venus surtout de banlieue a rassemblé à Paris entre 20 000 et 40 000 personnes selon les sources (contre 19 000 à 35 000 jeudi dernier). Festifs et « déterminés », ils ont battu le pavé avec sur leurs banderoles et aux lèvres toujours les mêmes revendications : « éviter qu'on soit un jour 45 élèves par classe » - ce que craint Charline, 16 ans, en raison de la suppression de 11 200 postes prévue dans l'Education nationale à la rentrée prochaine. Au milieu des lycéens, derrière des camionnettes dont les sonos crachent du Diam's ou du Madonna, des instituteurs d'Evry (Essonne) déplorent en vrac : les « consultations bidon, les ministres incompétents et les programmes inadaptés ». Nouveauté hier, de nombreux instits se sont joints à la grogne anti-Darcos, pour protester contre la refonte des programmes du primaire. En marge d'une manifestation bon enfant dans l'ensemble, des incidents ont eu lieu : véhicules dégradées, bagarres, vols avec violence... Vingt-quatre personnes ont été interpellées.