Grève concertée de travailleurs sans-papiers, pour la première fois en France

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Publié le 16 avril 2008.

GREVE- Plus de 300 salariés sans-papiers se mobilisent en Ile-de-France et débutent une grève illimitée...

Pour la première fois en France, quelque 300 salariés sans-papiers d'une vingtaine d'entreprises franciliennes de différents secteurs ont entamé mardi une grève illimitée, avec le soutien de la CGT au niveau confédéral, pour demander leur régularisation.

«Il faut arrêter l'hypocrisie et mettre un terme à cet esclavage moderne», affirme un communiqué de la CGT diffusé mardi dans une vingtaine d'entreprises d'Ile-de-France où a été déclenchée la grève. Cette grève concertée et illimitée, préparée depuis plusieurs semaines par la CGT et l'association Droits Devant!, touche des sites dans cinq départements franciliens, comme Veolia à Wissous (Essonne), la chaîne de restaurants «Chez papa» à Paris Xe, la Cogedim à Paris XIIIe, ISS (nettoyage) à Roissy (Val-de-Marne), BBF (jardinage) à Ormoy (Essonne), les magasins Casanova à Pavillons-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Pour la plupart originaires d'Afrique de l'Ouest, les travailleurs sans-papiers ont tous un contrat de travail mais ont été embauchés avec de faux papiers. Comme le souligne le patron de l'entreprise de restauration US Passion à Colombes (Hauts-de-Seine), Daniel Aubin, «rien ne ressemble plus à des papiers que des faux papiers».

Une vague de licenciement

Il y aurait en France entre 200 et 400.000 étrangers en situation irrégulière, dont l'immense majorité travaille. Johann Le Goff, gérant de la société Konex, qui affirme parler au nom d'une trentaine de chefs d'entreprise, a plaidé mardi pour «une régularisation simplifiée et rapide de nos travailleurs sans-papiers». Il souligne qu'à la suite d'un décret de juillet 2007, faisant obligation aux employeurs de s'assurer, auprès des préfectures, de l'authenticité des papiers des travailleurs étrangers, de nombreux patrons ont été obligés de licencier leurs employés en situation irrégulière. Selon Jean-Claude Amara, porte-parole de Droits Devant!, cette «vague de licenciements» aurait touché plusieurs milliers de travailleurs et se heurterait au «réalisme économique» du patronat, spécialement des PME, qui a besoin d'une main d'oeuvre bien formée, habituée à de durs travaux.

Un mouvement qui s'étend

Cette grève concertée, qui pourrait s'étendre à d'autres régions, fait suite à plusieurs mouvements qui se sont déroulés depuis plusieurs mois en région parisienne: restaurant Buffalo Grill de Massy (Essonne) en juillet 2007 (22 régularisations) et, plus récemment, au restaurant de la Grande Armée, en février à Paris. Sept cuisiniers avaient ainsi obtenu des papiers en bénéficiant de la circulaire du 7 janvier qui offre à des salariés en situation irrégulière une possibilité de régularisation par le travail, à condition qu'ils travaillent dans un secteur «tendu» et soient sous contrat ferme d'un an minimum. L'application de cette circulaire étant laissée à l'appréciation des préfets, la CGT compte ouvrir des négociations directement avec les pouvoirs publics, au niveau du ministère du Travail.

Contacté, le ministère de l'Immigration n'avait pas réagi mardi après-midi.

Avec agence
Nombreux soutiens SOS Racisme, La Ligue des droits de l'Homme et le Réseau éducation sans frontière ont affirmé dans un communiqué, publié ce mercredi, apporter leur soutien aux revendications de ces travailleurs sans-papiers.
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