
INTERVIEW - Tamara Kummer est porte-parole du Programme alimentaire mondial à Paris, le «grenier des Nations unies». Elle réagit à la montée des prix...
Tamara Kummer est porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM) à Paris, le «grenier des Nations unies», elle réagit à la montée des prix alimentaires dans le monde.
Le PAM a lancé un appel pour obtenir 500 millions de dollars. Si vous ne réunissez pas cette somme, quelles pourraient être les conséquences?
Nous distribuons quatre millions de tonnes de vivres par an à 73 millions de personnes dans 78 pays. L'augmentation de 55 % de nos coûts, depuis juin 2007, a provoqué un manque à gagner, qui nécessite de réunir 500 millions de dollars [32 millions d'euros] avant le 1er mai. Si à cette date-là, nous n'avons pas les sommes nécessaires, nous serons obligés, soit de réduire de moitié nos rations, soit de diminuer de moitié le nombre de personnes que nous nourrissons.
Or, les besoins augmentent...
Jusqu'à présent, la faim était surtout présente dans les régions rurales des pays en voie de développement. Aujourd'hui, elle apparaît dans les régions urbaines de pays à revenus intermédiaires, comme au Mexique. C'est une crise d'accès - liée à la hausse des prix - plus que de disponibilité.
Risque-t-elle de perdurer?
Personne ne prévoit la fin de la flambée des prix d'ici aux deux prochaines années. Mais, personne non plus ne pouvait prévoir la crise que nous connaissons aujourd'hui. A titre d'exemple, le 3 mars, à Bangkok, la tonne de riz s'échangeait à 460 dollars. Cinq semaines plus tard, elle coûtait 780.
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