JO 2008 - Depuis le début de la crise, Pékin semble prendre des mesures de plus en plus restrictives portant atteintes aux libertés...
Une amorce de renfermement à quatre mois des JO? Depuis la crise tibétaine, et plus particulièrement depuis cette semaine, des mesures restrictives prises en Chine, portant atteinte aux libertés fondamentales de mouvement ou de communication, semblent se mettre en place.
Lundi, le
South China Morning Post de Hong Kong a mis les pieds dans le plat, officialisant la rumeur qui soutenait que Pékin ne délivrait plus de visa business de six mois à entrées multiples jusqu’à la fin des Jeux paralympiques, en octobre. Une mesure lui permettant de mieux contrôler l’accès à ses frontières, et qui touche les petits entrepreneurs et les salariés indépendants, mais aussi… les membres des ONG. Alors que certaines de ses ambassades en Asie ont confirmé, les officiels chinois nient en bloc.
Dans le milieu diplomatique à Pékin, on s’attend à ce que les délivrances de visas touristiques soient aussi ralenties. Une règle désuète obligeant les étrangers résidents en Chine à se déclarer à leur commissariat local à chaque retour en Chine aurait également été remise à l’ordre du jour. A Shanghai, selon le site local
Shanghaiist, on se préparerait à la chasse aux paraboles satellites illégales.
Accéder à des programmes étrangers tels que la BBC ou CNN n’est en effet pas permis par la loi, sauf dans quelques bâtiments militaires, diplomatiques ou réservés aux étrangers ; pourtant, cette règle est toléré depuis huit ans. Si la ville de Shanghai lance une campagne de répression, on peut douter qu’il s’agisse d’une coïncidence.
Plus d'envois groupés de SMS
Enfin, selon une information recueillie par 20 Minutes, les envois groupés de SMS seraient également menacés : le texto, c’est le moyen privilégié par les manifestants pour se tenir au courant et se rassembler – toute manifestation étant illégale en Chine. «C’est encore du bricolage, mais c’est inquiétant, avance le sinologue Jean-Luc Domenach, pour qui la Chine pourrait s’acheminer vers une ligne politique plus dure. Pour l’instant, on peut encore se dire qu’ils suppriment juste tous les échos possibles avant les JO. Il faudrait que Pékin prenne d’autres mesures rigoureuses pour qu’on soit sûrs de la direction qu’elle prend. On n’est encore qu’au début.»
A Shanghai, Caroline Dijkhuis