Dans la manif parisienne: «On préfère travailler tous que travailler plus»

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Publié le 11 avril 2008.

MANIFESTATION – Plus de 20.000 personnes ont défilé dans les rues de Paris jeudi pour protester contre les suppressions de postes dans les lycées…

Entre 19.000 et 40.000 personnes ont défilé dans les rues de Paris jeudi après-midi pour protester contre les suppressions de postes dans les lycées. Le sentiment général était résumé par une banderole qui assurait «On préfère travailler tous que travailler plus».

Lycéens, enseignants et parents d'élèves ont commencé à défiler à 13h45, aux abords du Jardin du Luxembourg pour rejoindre notamment la gare Montparnasse. Dès le début de la manifestation, Florian Lecoultre, président de l’UNL, principal syndicat de lycéens, se félicitait de la taille du cortège «beaucoup plus long que mardi où nous étions 20.000 dans les rues de Paris».

Les forces de l'ordre ont compté 19.000 personnes. Plus tard, l'UNL donnait le chiffre de 30.000 à 40.000 manifestants. Soit beaucoup plus que mardi où le cortège réunissait entre 8.500 et 25.000 manifestants, selon les décomptes.



Malgré quelques échauffourées en début de manifestation, notamment dans le RER B, la mobilisation des lycéens semblait sans faille. Tous concernés par des suppressions de postes dans leur établissement, ils craignent des classes surchargées en 2008-2009 dans certaines matières comme l’économie, l’art plastique ou les langues vivantes.

«On sait tous qu’à la fin, on va être 40 par classe»

Fanny porte un nez rouge, mais ne veut pas rigoler quand elle parle de la situation dans son lycée d’Alfortville (Val-de-Marne): «On nous dit qu’il y a une baisse de la démographie et que les suppressions de postes ne vont rien changer. Mais on sait tous qu’à la fin, on va être 40 par classe avec des profs qui font des heures supplémentaires».

Si les banderoles lycéennes sont souvent hésitantes, surchargées, peu lisibles, les slogans sont eux bien rodés pour la génération qui suit directement celle qui s’est battu contre le CPE. «Un pas en avant, 3 pas en arrière. C’est la politique du gouvernement!», chante un groupe de lycéens.

Xavier Darcos relativise

Les banderoles font plus facilement mouche chez les professeurs: «Monsieur le recteur, vous êtes un vol’heures». Moins nombreux et beaucoup plus silencieux que les lycéens, ils ont tous leur soutien: «On est avant tout là pour soutenir nos professeurs», explique Maxime, élève de terminale. «Dans mon lycée, pour eux, c’est dur, au moins cinq postes vont être supprimés.»

Jeudi matin dans «Le Parisien», Xavier Darcos considérait les revendications des lycéens avec un certain relativisme: «La question se résume à savoir s’il vaut mieux avoir 100 profs ou 98 plutôt que 101 dans un lycée de 1.000 élèves». Dans une manifestation, où beaucoup regrettaient la suppression de cinq ou six postes dans leur établissement, pas sûr que le ministre se soit montré à la hauteur du mécontentement.
Vincent Glad et Cyprien Iov
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