«L’impression que le ministre ne prend pas notre mouvement au sérieux»

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Publié le 10 avril 2008.

INTERVIEW - Florian Lecoultre, président de l’UNL, demande à Xavier Darcos d’écouter les lycéens…

Florian Lecoultre est élève en terminale littéraire au lycée Chanzy à Charleville-Mézières dans les Ardennes et président du syndicat lycéen UNL. A quelques heures d’une manifestation jeudi après-midi à Paris, il répond aux questions de 20minutes.fr.


Sentez-vous que le mouvement lycéen monte en puissance?
Indéniablement. Mardi, nous étions 20.000 lycéens dans les rues de France. On peut en attendre raisonnablement entre 40.000 et 50.000 jeudi après-midi. Le mouvement prend de l’ampleur car on est arrivé à un point de non-retour : il y a bien sûr les suppressions de postes mais aussi d’autres dossiers sensibles comme la réforme du bac professionnel que Xavier Darcos veut faire passer de 4 à 3 ans. Il n’y a eu aucune concertation, personne ne sait comment on va pouvoir réduire d’un an la formation.

Il semble y avoir un problème de communication avec le ministre de l’Education nationale, Xavier Darcos…
Oui, on a l’impression que le ministre nous méprise. Sa rhétorique est dangereuse: jeudi matin, dans une interview au «Parisien», Xavier Darcos nous a encore provoqués en déclarant, pour minorer notre combat, que «la question va se résumer à savoir s’il vaut mieux avoir 100 profs ou 98 plutôt que 101 dans un lycée de 1.000 élèves». J’ai vraiment l’impression que le ministre ne prend pas notre mouvement au sérieux. Alors que les lycéens dans la rue exigent un vrai dialogue, ce qui est nouveau. Je ne dis pas qu’avant, c’était bête et méchant mais presque…

Il y a 40 ans, c’était Mai-68. Y a t-il un rapport entre les lycéens d’aujourd’hui qui demandent plus de profs et leurs parents qui exigeaient moins d’autorité?
On fait surtout ce rapprochement car on fête les 40 ans de Mai-68. Il y a tellement de différences entre les deux mouvements… Le seul parallèle que je ferais, c’est que les deux générations expriment la même crainte de la société et exigent un droit à l’avenir qui ne semble pas garanti.
Propos recueillis par Vincent Glad
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